moi aussi, je sais des choses sur toi

Publié le par Jean von Roesgen

"Moi aussi, je sais des choses sur toi", que mon curé me jette a la figure, comme une révélation cachée lors de l'entretien de mon remerciement à la paroisse.

 Moi je ne sais rien sur lui que je ne lui aurait dit. (... et je ne donne pas de crédit à tout ce qui peut se raconter, comme lui non plus ne doit pas donner crédit à tout se qui se raconte au sujet de ses paroissiens, n'est-ce pas?)

 Savoir des choses sur quelqu'un qu'on ne lui dit pas est un drôle de jeu de misère.

 ll peut savoir des choses sur moi qui sont à Dieu, du fait de les lui avoir dit au moment d'une confession. Les autres "choses" qu'il dit savoir, s'il ne veut pas les dire, qu'il les garde pour soi, et s'il veut en profiter, qu'il les dise. Je n'ai rien à cacher, même si j'ai plein de choses à me reprocher sûrement. Tant mieux, si cela peut m'aider à changer et me convertir toujours et encore.

 Même aux moments les plus dépravés de ma vie, (même pour les dépravations que l'on dit -en générale à tort- "normales" pour un adolescent, avant mes 21 ans, et) après avoir quitté la théologie, au moment des beaux arts, j'ai gardé un rapport clair avec mon Seigneur: Je n'allais pas communier quand j'avais commis un péché d'impureté (et ce souvent malgré l'avis de l'un ou l'autre confesseur que je fuyais dorénavant pour ce que ma conscience -dans mon cas précis- considérait comme un laxisme: je revendique aussi ma liberté de conscience). Il n'y a qu'une seule fois que j'ai communié, parce que je m'étais fait coincer au cours d'une célébration en tant qu'acolyte et je n'ai pas su échapper à la communion au moment de la distribution... enfin je n'ai pas eu le courage d'y renoncer, exposé et impliqué que j'étais au pied de l'autel... je l'ai bien regretté et je m'en suis confessé. Certaines de ces années là, la moindre des choses, c'était de faire mes Pâques en allant à confesse et je communiais à ce moment là au moins... mais en générale,  j'y allais plus d'une fois par an... je n'ai jamais arrêté d'aller à la messe le dimanche. Par contre, à un moment, je n'y allais plus en semaine.

 Aux moments les plus dépravés de ma vie, j'ai toujours veillé à aider les personnes engagées devant Dieu dans des engagements à vie, à tenir leurs promesses, et à ne pas commettre d'infidélités (avec moi).

 C'est peut-être sur le terrain du péché que j'ai appris à parler avant de faire, et que j'ai mieux compris que le consensus (l'accord verbal) fait toujours bien de précéder une rencontre, et fait bien de préciser aussi l'envergure, l'engagement, et le non-engagement signifié par tel acte (accord sur le degré d'accord), pour ne pas se leurrer et se séduire par du mensonge.

 Je n'ai pas besoin de préciser qu'aucune de ses activités ne s'étendait jamais sur des personnes mineures, et que Dieu malgré tout en soit loué, de m'avoir épargné tel genre de tentations. (Peut être en lien justement avec l'importance de la parole... on ne peut pas établir un accord de parole avec des enfants et des adolescents comme avec des adultes... c'est bien la raison pour laquelle l'immaturité peut être une raison pour établir la nullité d'un mariage...)

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 Je peux et je dois regretter de ne pas avoir fait à l'âge de quinze ans les expériences que j'ai faites autour de mes trente ans, même si cela aurait été préférable encore de ne pas les avoir fait du tout, mais elles étaient bien de cet ordre là: ni enfant innocent, ni adulte responsable qui (s')assume.
 Par contre, je rends grâce à Dieu de ne pas les avoir fait après avoir été ordonné ou après m'être engagé officiellement auprès de lui à vie. Parce que, vu mon fonctionnement, je me serais senti obligé de renoncer à ces engagements, parce que je n'aurai pas su jouer double jeu.

 En même temps, peut-être qu'un engagement ou une ordination pour l'Eglise m'aurait préservé de succomber à telle tentation...

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Publié dans spiritualité

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