ceux à qui vous demandez l'impossible ne vous demanderont jamais rien.

Publié le par Jean von Roesgen

 Un vieil et bon ami, du temps encore de mes études en théologie, pour qui la morale chrétienne, en matière de sexualité demandait l'impossible, parce qu'il partait de la thèse (que je qualifierais de) biologiste (*) (ou naturaliste) pour qui la sexualité est une activité vitale comme respirer, disait qu'il suspectait l'Eglise de garder cette morale, parce des gens de mauvaise conscience se géraient plus facilement que les gens qui ont bonne conscience, et comme, pour lui, cette morale sexuelle mettait automatiquement tout le monde en porte à faux, tout le monde avait mauvaise conscience, et donc le comportement de soumission et d'obédience, de camouflage, de non-révendication et de non-révolte qui va avec.

 J'y repensais, ce matin, en allant à la messe. Certaines personnes, qui ne pratiquent pas beaucoup m'avaient dit qu'ils appréciaient quand il y avait du chant grégorien à la messe. Mais ils n'oseront rien dire à l'abbé responsable, parce que par rapport à la pratique requise, ils sont dans le tort: Il ne les voit pratiquement jamais.

 Je ne veux pas dire que l'Eglise nous demande l'impossible, en nous invitant tous les dimanches à la messe, mais j'aimerais me demander, si vraiment l'abbé faisait rencontrer le Christ dans ces célébrations, du coup il y aurait grand monde à résister à venir à la messe? Comme elles ont lieu en ce moment, les messes (et peu importe souvent, malheureusement, que ce soit en rite extra-ordinaire ou en rite ordinaire), demandent des très grands efforts pour y rencontrer le Christ, pour y former Christ.

 Comme quoi c'est parfois un serpent autiste qui se mord la queue. Ceux qui veulent venir rencontrer le Christ et faire corps avec lui, n'osent pas dire ce qui leur rend cet accès difficile, parce qu'ils sont en porte à faux du fait qu'ils ont perdu l'habitude d'y aller, souvent largement déçu par ce qu'ils y trouvent... et encore plus auto-suffisant, le curé célèbre ce qu'il a l'habitude de faire et comme il a l'habitude de faire, parce qu'il n'entend personne hors de son circuit fermé, et que tous sont coupables de refuser sa bonne nouvelle (qu'il n'arrive tout simplement pas vraiment à proclamer)...

 Je sais bien qu'on ne peut pas répondre à toutes les demandes individuelles et toutes les conditions et conditionnements personnels qu'ont les fidèles pour rencontrer le Christ, parce qu'on trouvera dans leur liste et des chants de rap, du chant grégorien, de la batterie, de l'orgue, du silence, plus de curé et moins de curé, tourné vers ci ou vers là...

 N'empêche qu'on pourrait peut-être mettre en question la bonne moyenne liturgique des années 60-70 qui stagne dans ses chants et dans ses manières de célébrer.

 Il ne faut pas perdre de vue les fruits pastoraux. L'engrais bien de ce monde des années 70 a porté (ou avorté) ses fruits hybrides et souvent infertiles. On peut peut-être passer à autre chose.

 Un regard sur ce qui a fait ses preuves pourrait correspondre à une réelle ouverture, après ces ouvertures fermées sur elles-même des années 60-70.


 (*Je ne partage pas cet avis biologiste, parce que, d'après mon avis, la nature peut s'accueillir sur-naturellement, et n'a pas besoin de se forcer à respirer là où -de toute façon- il n'y a pas d'air.)

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 Je maintiens malgré tout -et les effectifs font largement preuve- que demander à un baptisé de mon âge d'assister tous les dimanches à la messe comme elle a lieu dans ma paroisse en ce moment, frise l'impossible. C'est là que l'irais, si je n'avais vraiment pas le choix. Mais comme j'ai le choix, je préfère aller ailleurs.

 Il n'y a pas à en vouloir à ceux de mon âge, souvent impliqués dans une vie de famille et de travail bien plus prenante que la mienne, de ne pas se donner les moyens d'un tel choix.

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Publié dans pastorale

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