le couvre-chef de Kierkegaard

Publié le par Jean von Roesgen

 L'autre jour, à l'enterrement, on avait droit à un prédicateur (un peu plus adroit et doué que mon curé...) qui nous disait que nous construisons ensemble, dès ici-bas, notre vie éternelle.

 Un peu bizarre malgré tout: En jouant aux cartes... le dimanche après-midi par exemple...

 Il a sûrement raison: Jésus vivait de sa vie éternelle, tout en dessinant dans le sable, en dormant sur un coussin, en déambulant à l'entrée du temple, dans la salle des colonnes... en mangeant avec ses disciples et d'autres pécheurs...

 En même temps, il aurait pu nous dire, que c'est l'éternité, que c'est la vie éternelle qui construit notre vie présente, et que c'est à fur et à mesure que nous laissons la vie éternelle (celle qui nous précède, nous devance, et nous attire) construire notre vie, que cette vie construit la vie éternelle...

 Kierkegaard a l'idée exigeante, de nous faire penser à Dieu à l'achat d'un chapeau.

 Le prédicateur avait l'air de nous dire: C'est en achetant un chapeau que nous pensons à Dieu.

 Inversement: Penser à Dieu à l'achat d'un chapeau peut avoir une incidence sur cet achat.

 Un peu comme ceux qui, dans la légende, construisaient la synagogue de Capharnaum, et qui, quand Jésus passait et leur demandait: Qu'est-ce que vous faites là? ...disaient: Rien. Et du coup ce qu'ils construisaient le jour, la nuit, retombait en ruine.

 L'incidence de l'éternité sur le présent, c'est de l'enrichir bien sûr, mais c'est tout aussi bien de le relativiser, et de l'ouvrir au bien commun, au partage, et à l'a-temporalité. C'est de le délivrer des modes et de la recherche et pourchasse de plaisirs instantanés...

++++

 L'Evangile ne libère jamais du péché pour nous y laisser, mais pour nous dire: Va, désormais ne pèche plus. La libération de l'Evangile, pour radicale qu'elle soit, pour absolu que soit son pardon et sa miséricorde, sa générosité, son dédain de la loi, sa liberté par rapport aux préceptes, c'est pour une loi plus stricte encore, des préceptes encore plus serrés, ceux de l'amour.
 
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Publié dans spiritualité

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