perspectives V

Publié le par Jean von Roesgen

Je me demande si la perspective renversée des icônes ne veut pas nous dire quelque chose dans ce genre:

Vue de Dieu (quand l'homme essaie de voir de ce point de vue), l'homme est le centre de Dieu.
Vu de l'homme, Dieu est le centre de l'homme.

Rien de tel dans l'introduction de la perspective dans l'art religieux à la renaissance.

++++

 En même temps, je ne crois pas que les icônes aient toujours été aussi plates, décoratives, stylisées, hiératiques, détachées de toute sensualité. Ce matin, devant moi, à la messe, il y avait quelqu'un qui avait des boucles dignes d'un enfant Jésus et un teint de peau matte digne d'un fond de teint d'icône de terres de siennes... Ce teint peut donc exister, et ces chevelures peuvent bel et bien exister, et on aura du mal à prétendre qu'ils sont toujours dépourvu de toute sensualité. Jésus était le plus beau des enfants de l'homme. Mais il n'était pas d'une beauté pornique non plus.

++++

 Il y en a qui auraient pu se réjouir (et dans la controverse avec les arts abstraits ils ont bien utilisé ces arguments) de voir les arts de la renaissance remplacer les canons (d'obéissance de génération en génération) par une imitation des aspects des biens créés, de voir mis en l'honneur la création envoi du et renvoi au créateur... (alors que tel n'était pas le propos d'une iconographie qui partait de l'incarnation, et la transmission apostolique de l'aspect de cette incarnation)

 La différence est là, et c'est moins étonnant que l'art abstrait a l'air d'être né en Russie (ou de mouvance russe: Kandinski et Malevitch).
Publicité

Publié dans spiritualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article