Absence d'absence II

Publié le par Jean von Roesgen

 Si on ne supporte pas le creux, si nous ne supportons pas le vide, si nous ne supportons pas le mystère (qu'on ne comprend pas), si nous ne supportons pas l'absence dans nos célébrations, sous prétexte que c'est ennuyeux, que nous ne comprenons pas, que cela ne veut rien dire, que c'est répétitif, en un mot: parce que nous ne croyons pas (parce que croire, c'est espérer ce que nous n'avons pas (encore), c'est voir ce que nous ne voyons pas, c'est sentir au-delà de ce que nous (res)sentons), et que du coup, nous comblons ces silences par des cantiques, par des explications, des gestes, du baratin, de la présence de plein d'intervenants, en fermant notre ronde entre nous, alors nous ne sollicitons même plus cette foi qui nous manquait (et il faut qu'elle nous manque, et il faut que nous faisions de la place à ce manque pour la recevoir justement), et nous lui retirons toute chance de venir s'installer, nous nous refusons de l'expérimenter au cours d'une de nos célébrations.
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Publié dans spiritualité

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