Dentelles et latin
Un évèque (en costume cravatte) ne veut pas entretenir des querelles de dentelles et de latin.
Pour lui, il y a plus important.
Quoi qu'il en soit, de ce "plus important", il ne se passera pas de signes et de langage non plus. Et les signes et les langues ne mentent pas -en générale- sur ce qu'ils signifient.
(La cravatte ne ment pas sur le fait d'être un pastiche ridicule et démodé de certains mondes de notables, dont seul quelques survivants portent encore ces insignes: les banquiers et les représentants commerciaux. L'Eglise ne l'a jamais fait sienne pour lui donner une signification plus élevée, que je sache... le petit bout blanc du fameux col romain montre bien mieux l'endroit le plus vulnérable et le plus communicatif de la parole incarnée... au lieu de cet enficellissement vulgaire autour du cou, avec lequel on vous mène là où vous ne voulez pas aller, et surtout là, où le Seigneur n'a jamais dit d'aller...)
Le latin est un fil linguistique robuste et de très bonne qualité. C'est de ce fil que l'Eglise catholique romaine a tissé les couvertures de toute sa doctrine et noué le tapis de ses dogmes. C'est à partir de ce fil que le chant propre de l'Eglise a élaboré des dentelles magnifiques, somptueuses, élaborées et laborieuses, mais, comme toute dentelle, en même temps légères et abordables sans peine.
Les dentelles sont des concentrés d'application et de dévouement. C'est de la main d'oeuvre à genoux. Rien à faire en effet, avec du tergal ou autre nylons (bügelfrei und pflegeleicht) faciles d'entretien et exempts de repassage.
Un prêtre qui s'habille de l'un ou de l'autre de ses tissus finit bien par signifier ce que cela veut dire. Facilité ou exigence. Vénération ou boulot de fonctionnaire?
De tout cela, il y a des retombés pour un vrai rapport à la pauvreté. Oui, théologie de la libération, mais pas n'importe laquelle. La vraie.
++++
(dentelles et latin II)
Pour lui, il y a plus important.
Quoi qu'il en soit, de ce "plus important", il ne se passera pas de signes et de langage non plus. Et les signes et les langues ne mentent pas -en générale- sur ce qu'ils signifient.
(La cravatte ne ment pas sur le fait d'être un pastiche ridicule et démodé de certains mondes de notables, dont seul quelques survivants portent encore ces insignes: les banquiers et les représentants commerciaux. L'Eglise ne l'a jamais fait sienne pour lui donner une signification plus élevée, que je sache... le petit bout blanc du fameux col romain montre bien mieux l'endroit le plus vulnérable et le plus communicatif de la parole incarnée... au lieu de cet enficellissement vulgaire autour du cou, avec lequel on vous mène là où vous ne voulez pas aller, et surtout là, où le Seigneur n'a jamais dit d'aller...)
Le latin est un fil linguistique robuste et de très bonne qualité. C'est de ce fil que l'Eglise catholique romaine a tissé les couvertures de toute sa doctrine et noué le tapis de ses dogmes. C'est à partir de ce fil que le chant propre de l'Eglise a élaboré des dentelles magnifiques, somptueuses, élaborées et laborieuses, mais, comme toute dentelle, en même temps légères et abordables sans peine.
Les dentelles sont des concentrés d'application et de dévouement. C'est de la main d'oeuvre à genoux. Rien à faire en effet, avec du tergal ou autre nylons (bügelfrei und pflegeleicht) faciles d'entretien et exempts de repassage.
Un prêtre qui s'habille de l'un ou de l'autre de ses tissus finit bien par signifier ce que cela veut dire. Facilité ou exigence. Vénération ou boulot de fonctionnaire?
De tout cela, il y a des retombés pour un vrai rapport à la pauvreté. Oui, théologie de la libération, mais pas n'importe laquelle. La vraie.
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(dentelles et latin II)
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