Dentelles et latin

Publié le par Jean von Roesgen

 Un évèque (en costume cravatte) ne veut pas entretenir des querelles de dentelles et de latin.
 Pour lui, il y a plus important.
 Quoi qu'il en soit, de ce "plus important", il ne se passera pas de signes et de langage non plus. Et les signes et les langues ne mentent pas -en générale- sur ce qu'ils signifient.
 (La cravatte ne ment pas sur le fait d'être un pastiche ridicule et démodé de certains mondes de notables, dont seul quelques survivants portent encore ces insignes: les banquiers et les représentants commerciaux. L'Eglise ne l'a jamais fait sienne pour lui donner une signification plus élevée, que je sache... le petit bout blanc du fameux col romain montre bien mieux l'endroit le plus vulnérable et le plus communicatif de la parole incarnée... au lieu de cet enficellissement vulgaire autour du cou, avec lequel on vous mène là où vous ne voulez pas aller, et surtout là, où le Seigneur n'a jamais dit d'aller...)

 Le latin est un fil linguistique robuste et de très bonne qualité. C'est de ce fil que l'Eglise catholique romaine a tissé les couvertures de toute sa doctrine et noué le tapis de ses dogmes. C'est à partir de ce fil que le chant propre de l'Eglise a élaboré des dentelles magnifiques, somptueuses, élaborées et laborieuses, mais, comme toute dentelle, en même temps légères et abordables sans peine.

 Les dentelles sont des concentrés d'application et de dévouement. C'est de la main d'oeuvre à genoux. Rien à faire en effet, avec du tergal ou autre nylons (bügelfrei und pflegeleicht) faciles d'entretien et exempts de repassage.

 Un prêtre qui s'habille de l'un ou de l'autre de ses tissus finit bien par signifier ce que cela veut dire. Facilité ou exigence. Vénération ou boulot de fonctionnaire?

 De tout cela, il y a des retombés pour un vrai rapport à la pauvreté. Oui, théologie de la libération, mais pas n'importe laquelle. La vraie.

++++

(dentelles et latin II)
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Publié dans spiritualité

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Q
Mieux que mes discours, voici un très bon article sur les aubes :<br /> <br /> http://www.scholasaintmaur.net/Formation_liturgique/Serie_Special_Chiffons_l_aube.html<br /> <br /> Et la suite :<br /> <br /> http://www.scholasaintmaur.net/Apprendre_a_prier/Serie_special_chiffons_2_l_amict_l_aube_paree_l_amict_pare.html
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J
<br /> Je regarderai cela ce soir. J'ai pensé encore cette nuit à ces histoires de pénible dentelles. Il faut préciser qu'elles ne "fonctionnent" bien que sur fond noir: il faut à tout prix qu'elles<br /> soient portés au-dessus d'une soutane. Une raison de plus pour les rendre inutilisables après que le clergé est passé au clergy-man et...<br />  A part ça, je suis convaincu que tout état de la liturgie mérite notre respect. Pareil pour tout état historique des ornements. Tout état a quelque chose à nous apprendre. Même le plus<br /> néo-gallican. Avec tout mon respect pour Dom Guéranger.  Je ne dis pas que je suis un adepte du néo-gallicanisme, ou qu'il faut le restaurer. Je dis qu'il mérite attention et respect, même<br /> lui.<br /> <br /> <br />
Q
Bof les dentelles.<br /> <br /> Ca fait vraiment très mondain et à mon avis, c'est très loin de<br /> la noble simplicité qui caractérise le rite romain.<br /> Tout cela est hérité des 18eme et 19eme siecle. C'est bien<br /> ça que voulait dépoussiérer Dom Guéranger, tout comme<br /> les chasules baroques dites "en étui à violon".<br /> <br /> La forme extraodinaire marche très bien avec ds véritables<br /> aubes (sans dentelles) et des (vraies) chasubles gothiques<br /> (pour lesquelles d'ailleurs qu'il est réellement nécessaire de soulever au moment de l'élévation).<br /> <br /> C'est amusant à quel point certains tiennent bec et ongles à<br /> cette glaciation des ornements ("de toujours" !!!), à tel point que ça peut être<br /> très clownesque et ultra kitch.
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J
<br />  Pendant toute ma vie de séminariste, je me moquais bien de ces querelles de sous-vêtements liturgiques (liturgische Unterwäsche), comme je gaussais. Cela ne m'intéressait pas. Mais entretemps<br /> je'essaye de comprendre que les dentelles peuvent avoir leur raison d'être.<br />  Je ne voudrais en aucun cas les mettre en opposition aux aubes ou chasubles gothiques, mais je les comparais au Tergal et autres Nylons.<br />  Il faut, une fois de plus, distinquer dentelles et dentelles sûrement. Entretemps, parfois, il m'arrive d'en être frappé comme par un jubilé grégorien.  Il y en a qui sont parfaitement<br /> kitsch et de mauvais goût, et puis il y les autres...<br /> <br /> <br />