Piqûres évangéliques II

Publié le par Jean von Roesgen

On aura raison de me retroquer que Jésus, à ce jour, peut-être, ferait (au lieu de travailler la charpente et de passer des semaines entières dans le désert) ses études de médecine et de psycho avant de se lancer dans sa vie publique.  Et qu'il grefferait son action salvatrice (avec sa part de miracle et de surnaturel) sur une telle activité curative... (Ce qui est assez sûr, peut-être, dans ce cas, c'est qu'aujourd'hui, il n'entamerait pas d'études de théologie...)

 Ce n'est pas si sûr que ça... enfin, on ne sait rien de précis sur son parcours "scolaire", mais on croit savoir qu'il n'a pas fait rabbin classique (tout en se faisant appeler maître, c'est à dire Rabbi), ni prêtre (il n'en avait pas les origines généalogiques?), scribe ou pharisien officiel, on ne sait pas à quel point il s'est initié à des pratiques curatives... cracher dans le sable, toucher, invoquer, commander (dire) peut être des actions curatives classiques de son temps (comme donner des médicaments et faire des piqûres de nos jours)... n'empêche qu'il attribue la majorité des guérisons à la foi du patient, et non pas aux piqûres et médicaments de son temps.

 Comme quoi, c'est délicat, l'articulation du naturel et du surnaturel, et on ne peut pas déjouer l'un contre l'autre. Il faut qu'ils se complètent et qu'ils s'harmonisent, comme la volonté, l'effort et l'abandon et la disponibilité dans le travail de la grâce, comme l'activité et la passivité dans les travaux publiques des chrétiens (c'est à dire la liturgie)...

 Il ne suffit pas d'abandonner le naturel, de le dédaigner et de cracher dessus pour susciter du surnaturel. Mais il ne s'agit pas non plus de ne miser que sur le naturel, de le gonfler, de lui faire prendre toute la place (de ses origines surnaturelles, et sa destination surnaturelle)...

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Publié dans spiritualité

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