compréhension II

Publié le par Jean von Roesgen

 Effectivement, il n'est pas tellement question de compréhension dans le sens de savoir si nous avons compris la liturgie, que de compréhension dans le sens de savoir si elle nous a pris avec (com-pris) elle, si elle nous a sorti de nos habitudes, de nos esclavages, de nos limites, de nos péchés, de nos paresses et amené ailleurs, si elle nous a pris avec elle dans sa libération, dans son (avant-goût du) ciel, dans son travail (il y a travail -ergos/urgos dans le mot de liturgie), dans son dépaysement, dans son orientation (commune vers le bien commun), dans sa sanctification, dans sa tradition (qui dépasse les pays et les générations).

 Si, au contraire, nous faisons tout pour la prendre avec nous, pour la comprendre dans notre petit monde calculateur, vérificateur, causateur et effecteur, linéaire, corrélaire, rationnel et mental, il ne faut pas nous étonner qu'une telle liturgie n'intéresse plus personne, parce qu'elle n'est plus entre (inter-esse) ciel et terre, Dieu et l'homme...

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 Si la liturgie ne sert plus qu'entre hommes, à participer activement à des actions huma(nita)i(r)(n)es, si ce n'est plus un dû à celui qui est à l'origine de toute humanité, et qui en est le but, le développement d'une telle liturgie est prévisible: La participation baisse, faute d'intérêt, de la part des fidèles d'abord qui refusent d'être des fidèles de lobbies purement cléricales (et pour cause), et ensuite, les clercs, comme leur seule raison d'être était d'officier non pas pour leur Dieu, mais soi-disant pour le peuple, ils seront vite dispensés de célébrer... Aller voir ce qui se passe en semaine dans les petites paroisses rurales où personne n'irait à la messe... allez voir le peu de curé qui continuera à célébrer avec un enfant de choeur (qu'il a su introduire dans le dû à Dieu) ou tout seul sans participation de fidèles...

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Publié dans liturgie

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