Je l'attendais, et le voilà... le crucifié qui tourne le dos au crucifié.

Publié le par Jean von Roesgen

 Je ne comprends pas très bien.

 C'est un peu compliqué.

 La croix d'autel n'a jamais été abolie, même quand on a "tourné" les autels. Du coup, là où l'on gardait l'ancien maître d'autel avec sa croix, ou là où l'on gardait une croix absidiale, il y avait doublure. Pas trop visible en générale, car la croix d'autel était discrète, plate parfois... destinée au prêtre. La grande, visible, derrière l'autel, était pour le peuple peut-être?
 Quelquefois la croix d'autel est sensée être celle qui se trouve à côté de l'autel, ou bien derrière l'autel, et sur l'autel, il n'y en a pas d'autres.
 Le cardinal Ratzinger a sûrement bien fait de proposer une croix de taille sur l'autel, entre le célébrant et les fidèles, dans le cas des célébrations tournées vers le peuple, pour orienter la prière(, et celle du célébrant et celle des fidèles)...
 Question: vers qui tourner la face de cette croix? Vers le célébrant? Vers le peuple? Le pape Benoît la fait tourner vers le célébrant. Et le peuple alors? Le Christ tourne le dos au peuple? Ou le peuple a droit au regard sur une autre croix... absidiale par exemple? Doublure: Le Christ (du célébrant) sur la croix d'autel fait face au Christ (du peuple) derrière l'autel. Le crucifié regarde le crucifié.
 Si on tourne la croix de l'autel vers le peuple, le Christ tourne le dos au célébrant.

 Aujourd'hui, dans la basilique du haut lieu de pèlerinage qu'est Rocamadour, un lieu phare qui se doit de bien donner l'exemple, je trouve la solution (que j'attendais). Faisons abstraction de la croix qui demeure derrière l'autel... Sur l'autel se trouve une croix en bois avec un corps du Christ tourné vers le célébrant, et un corps du Christ tourné vers les fidèles... il y a deux crucifiés sur cette croix... le Christ tourne le dos au Christ.

 Décidément, les oppositions, les tournedos, les affrontements, les més-orientations que cause son peuple, sans vouloir les porter et résoudre, orienter, accorder et remettre en place, c'est Dieu qui se les paye, comme d'habitude.

 Moi en tout cas, je préfère que le célébrant me tourne le dos pour en finir avec ces histoires saugrenues.
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Publié dans liturgie

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