génération Jean Paul II
Je n'ai jamais fait partie de la génération Jean-Paul II.
En 1976 on avait été à Rome en touristes. Je n'ai qu'un souvenir vide et morose du Vatican.
Je me souviens bien de l'année des trois papes. Le matin, à l'étable, lourd de sommeil encore, je me laissais tomber dans un lit de paille: Papa mortus est. Puis il fallait se lever pour faire sortir les vaches: Habemus papam. Je n'étais pas très mur pour mes 15 ans, mais à l'étable on s'amusait comme on pouvait.
Mon oncle s'étonnait que ni les américains ni les catholiques n'avaient trouvé mieux qu'un ex-acteur comme premier chef. Reagan et Jean-Paul II. Mon grand-oncle, le libre penseur, nous invitait à la méfiance: "Attention, c'est un polonais, ils sont rusés les polonais, il n'y a qu'à regarder son regard plein de ruse. On avait des polonais à la ferme... ils vous choppaient une oie au passage par le cou et en un tour adroit de la main la tuaient sans qu'on entende un seul cri."
Je me demande même si en 1984 le maître des novices qui m'accueillait à Tournay ne me demandait pas si j'avais vécu des grands rassemblements avec le pape. Que non.
J'ai assisté à la messe au Luxembourg, quand il est venu (en 1985 ou 86?), puis à Lyon (en 1986 ou 87?), sans grande émotion. Ces méga-messes n'étaient vraiment pas mon truc.
"Plus Jean-Paul II vieillit, plus je me réconcilie avec lui", disait mon maître de chant grégorien.
Quand la lettre aux hébreux nous dit (13,7) de regarder la fin de nos maîtres, ce n'est pas anodin. La fin courageuse et édifiante de Jean-Paul II nous apprenait à mieux apprécier à sa juste valeur ses années de champion du monde de l'Evangile. (La fin foudroyante de mon maître de chant, soit dit en passant, d'une maladie d'un matin au soir reste un mystère: un signe indéchiffrable pour moi...)
En 1976 on avait été à Rome en touristes. Je n'ai qu'un souvenir vide et morose du Vatican.
Je me souviens bien de l'année des trois papes. Le matin, à l'étable, lourd de sommeil encore, je me laissais tomber dans un lit de paille: Papa mortus est. Puis il fallait se lever pour faire sortir les vaches: Habemus papam. Je n'étais pas très mur pour mes 15 ans, mais à l'étable on s'amusait comme on pouvait.
Mon oncle s'étonnait que ni les américains ni les catholiques n'avaient trouvé mieux qu'un ex-acteur comme premier chef. Reagan et Jean-Paul II. Mon grand-oncle, le libre penseur, nous invitait à la méfiance: "Attention, c'est un polonais, ils sont rusés les polonais, il n'y a qu'à regarder son regard plein de ruse. On avait des polonais à la ferme... ils vous choppaient une oie au passage par le cou et en un tour adroit de la main la tuaient sans qu'on entende un seul cri."
Je me demande même si en 1984 le maître des novices qui m'accueillait à Tournay ne me demandait pas si j'avais vécu des grands rassemblements avec le pape. Que non.
J'ai assisté à la messe au Luxembourg, quand il est venu (en 1985 ou 86?), puis à Lyon (en 1986 ou 87?), sans grande émotion. Ces méga-messes n'étaient vraiment pas mon truc.
"Plus Jean-Paul II vieillit, plus je me réconcilie avec lui", disait mon maître de chant grégorien.
Quand la lettre aux hébreux nous dit (13,7) de regarder la fin de nos maîtres, ce n'est pas anodin. La fin courageuse et édifiante de Jean-Paul II nous apprenait à mieux apprécier à sa juste valeur ses années de champion du monde de l'Evangile. (La fin foudroyante de mon maître de chant, soit dit en passant, d'une maladie d'un matin au soir reste un mystère: un signe indéchiffrable pour moi...)
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