eucharistie excentrique

Publié le par Jean von Roesgen

 La présence réelle eucharistique spécifique (sous les espèces du pain et du vin) prime sur la présence eucharistique, christique et messianique dans le prêtre et dans le peuple.

 Une certaine excentricité de l'eucharistie dans un rite eucharistique tourné tous vers le Seigneur rend mieux compte de cette primauté qu'un rite qui (p)rend (présent) le Seigneur au milieu du peuple et du prêtre. Cette manière de célébrer enlève quelque chose à la visibilité de cette primauté.

 Le Christ est d'abord ailleurs, étranger, étrange, différent, d'en haut, d'ailleurs, avant de s'incarner. Ce n'est pas l'incarnation qui devient dieu, mais Dieu qui s'incarne. Se n'est pas l'homme qui s'incarne (ou s'excarne) dieu, mais Dieu qui s'incarne homme. Ce n'est pas l'homme qui se fait/veut/proclame dieu, mais Dieu qui devient homme.

 Nul ne remonte au ciel à moins d'en être descendu.

 Le surnaturel éclaire, détermine et oriente le naturel, et non pas l'inverse. Le naturel, la créature se reconnaissent dans ce surnaturel (qui ne lui est pas vraiment totalement étranger, dans sa plus profonde intimité, dans ses plus profondes aspirations), mais en même temps ils lui résistent (le naturel en est attiré et en même temps rébuté, détourné, déchu...).

 Si le naturel, à lui seul, se met à gérer, diriger, orienter le surnaturel (et dans toutes religion il y a de ça à épurer), vivement les contresens et les dégâts.
 Le surnaturel se manifeste et se gère dans sa (propre) révélation qui dépasse et rachète le naturel. Qui ne contredit pas le naturel, mais l'ordonne: lui donne le bon ordre.

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Publié dans spiritualité

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