Zurbaran III

Publié le par Jean von Roesgen

Sans doute, mes travaux partant de ces toiles de Zurbaran ont quelque chose d'iconoclaste.

 Il ne faut pas oublier que toute peinture porte de l'iconoclasme en elle, étant un voile qui dévoile ou un dévoilement qui voile.

 (C'est tout à fait ce que je veux dire depuis quelques jours au sujet des historico-critiques: Que toute rationalité se fonde sur de l'irrationnel, que tout langage (et du coup toute pensée) pose ses bases sur des conventions tout à fait irrationnelles, irrelationnelles... (indéductibles, indiscursives...))

 Et l'art contemporain, depuis plus de cent ans (com)porte une veine iconoclaste. Malewitch à la fois tient de l'icône et de l'iconoclasme. (Kandinsky à un autre degré, plus figuratif, plus superficiel, plus ornemental, et en moins radical...)

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 En iconographie pure (l'art baroque selon ses critères est très impur), il y a une tradition visuelle, comme dans le chant grégorien, il y a(vait) la tradition orale. La tradition orale chante ce qu'elle a entendu. Et ce qui se chante est entendu à son tour et rechanté.
 La tradition visuelle montre ce qu'elle a vu, et ce qu'elle donne à voir est vu (regardé) et rendu à son tour. Les icônes se regardent (et se montrent) en chaîne remontante jusqu'aux temps apostoliques où St Luc a regardé et copié la Vierge, où Jésus a imprimé son visage pour la guérison d'un roi malade (légende/lecture orientale), ou Véronique a imprimé le visage du Christ au chemin de la croix, (lécture o combien plus parlante de l'occident: la peinture est au prix et au médium pictural du sang du sauveur) ou le visage et le corps du Christ se sont imprimés dans les linges de sa sépulture...

 C'est une toute autre approche (celle des chaînes apostoliques des icônes dans l'iconographie orthodoxe) que celle de faire voir (imposer) ce qu'on n'a pas vu aux temps de la contre réforme. Avec tout mon respect pour Caravaggio, faire poser la femme de l'aubergiste (*) pour la dormition de la Vierge est iconoclaste. Elle coupe (casse) la chaîne de la tradition visuelle.

 Je suis désolé, mais ces travaux baroques méritent une approche iconoclaste.

(*Il s'agit là bien sûr d'une conjecture de mauvaise foi de ma part. En tout cas, ce n'était pas la Vierge de la filiation de St Luc qui posait... mais une fille ... de la rue...?)
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Publié dans peinture

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