Kyrie XVI (paradoxe d'aiguille I)

Publié le par Jean von Roesgen

 Là où je peux, quand on me demande d'entonner des chants à la messe, j'essaye d'introduire le Kyrie du Kyriale ordinaire en semaine ordinaire (Kyriale XVI in feriis per annum), en espérant pouvoir faire suivre bientôt le Sanctus et l'Agnus (qui nous délivreraient du reproche de ne savoir chanter que la messe des enterrements en semaine, qui est le Kyriale en semaine d'avent et de carême... et aux messes pour les défunts.)...

 Et j'essaye de respecter la mélodie du dernier Kyrie (même s'il s'agit peut-être d'une formule ultérieure ramenant une pièce originalement en mode primitif E au troisième mode de l'octoechos)...

 Une dame me demande si ce Kyrie avec cette finale est de mon invention.

 On en arrive là: Le comble du subjectivisme, le comble de l'invention personnelle finira par être attribué à ce qu'il y a de plus catholique, c'est à dire ancien et universel...

 Quel n'est pas mon étonnement de trouver ce Kyrie avec cette finale dans notre parolier rouge (il se trouve même dans les chants notés pour l'assemblée), et de le lui montrer (page 168?) pour qu'elle puisse suivre mon "invention" de près...

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 C'est bien ma thèse: qu'il faut repasser par des individus quelque peu courageux pour quitter l'individualisme bête et collectif des chants auto-célébrants et recélébrer le Seigneur dans sa tradition.
 C'est un paradoxe crucial.

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 La génération qui est restée à l'Eglise et qui a continué à pratiquer à condition de pouvoir adapter et changer la pratique, la morale, la langue, les chants, les rubriques (et qui, par cette condition en a dégoûté plein d'autres attachés à la pratique, à la morale, à la langue propre, aux chants propres de l'Eglise) va vers sa fin. Elle est restée dans l'Eglise qu'elle a obligée de se quitter. Ils n'ont pas quitté le sacré pour le profane, mais ils ont fait introduire le profane dans le sacré, ce qui revient au même. Leurs enfants qui ne pratiquent pas en sont la preuve: Ce commerce n'a aucune raison d'être et s'annule soi-même. On comprend pourquoi ils avaient tellement besoin de dénigrer et rejeter ceux qui étaient attachés au latin, à l'orientation vers le Seigneur et au chant grégorien... c'était leur manière de sacraliser (retrancher) leur profanation.

 Je n'envie pas les évêques qui doivent "accompagner" et poursuivre la suite, la relève: Sans décourager ces profanateurs de leur "pratique" garantir une continuité... renouer avec ceux qui sont partis pour la bonne raison que la "pratique" pour eux devenait inpratiquable, dire aux enfants des profanateurs où est le sacré...

 C'est vraiment une piètre situation. Il faut prier. Attendre. Expliquer (les livres du cardinal Ratzinger sont là).
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Publié dans liturgie

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