tohu wa bohu

Publié le par Jean von Roesgen

 L'homme, toute homme est fait de rationalité et d'irrationalité. Il y en a qui réussissent à localiser ce phénomène en côté gauche et côté droit du cerveau humain. Une part de sensibilité, d'émotions, de jugements, de peurs, de sympathie ou d'apathie...  et une part d'analyse, de distinction, de sang froid, de concepts. Une part qui s'investit à fond en tout ou rien. La passion. Et une part qui évalue, qui pèse, qui trie, qui classifie, qui compare, qui équilibre, qui sait attendre... la raison. Une part qui gère et qui maîtrise, une part qui se laisse porter, qui subit, qui jouit (?). Une part d'extase, si on veut (au mieux), et une part d'instase. (Là déjà, on peut les invertir: qu'est-ce qui est être là: constater du dehors qu'on est là, ou vivre pleinement du dedans qu'on est là? Sommes nous là ou sommes-nous absents dans l'une et l'autre de ces part d'acivités/passivités?)

 Il faut des deux. Mais il faut que l'une cadre l'autre, sinon l'une dégénère en l'autre sans cadre ni limites.

 Je m'explique:

 Le "culte de la déesse raison". Jamais rien n'a été aussi irrationnel.

 La foi catholique: Le mystère est encadré par des mots très distinctifs, il est protégé et canalisé dans sa conception par des dogmes très précis, et assez ouverts pour permettre au mystère de vivre et aux fidèles d'en vivre.

 Le chant propre de l'Église catholique: Ce sont des émotions, de l'émotionnel pur, du sentiment encadré dans un langage très précis, et tout à fait communicable (de génération en génération) et donc raisonnable.

 L'introduction de rythmes inconnus à nos cultures poussent l'appréhension des chants de la messe à du: J'aime ou je n'aime pas. Très peu de moyens d'analyse, de prendre des distances, de regarder ce qui se passe. Des émotions fortes, des habitudes passionnelles qui vous emportent, mais qui ne portent pas forcément la foi de nos pères et mères...

 Cette génération qui voulait "tout comprendre" (rationnel) dans son culte aboutit à des cultes dont on ne comprend plus rien. Ils ont oublié l'essentiel qui échappe. En même temps ils ont évacué ce qui échappe et en même temps il y en a plein qui s'est introduit à leur insu, mais qui n'est plus encadré par la tradition. Alors ils recommencent le tohu wa bohu des glossolalies des premiers chrétiens (qui faisaient déjà pestiférer St Paul, si elles n'étaient pas encadrées de rationnel et d'explications, d'interprétations...); comme si dans nos liturgies traditionnelles, il n'y avait pas eu de la glossolalie, de l'irrationnel bel et bien encadré par du rationnel... les mélismes neumatiques par exemple; les litanies... qui dégagent un bercement irrationnel.

 Le comble de l'irrationnel non encadré de rationnel, c'est de s'imposer comme une raison (qui n'a pas besoin de se justifier).
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Publié dans spiritualité

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