Filioque

Publié le par Jean von Roesgen

 Dans son homélie de la Pentecôte (où à un moment on dirait qu'il va nous parler du chant propre de cette fête, vous savez, ce merveilleux introït et cette communion dramatique... et cette séquence qu'il vaudrait vraiment la peine de chanter tous les jours pendant toute une octave... mais non, il fait des compliments aux musiciens qui sont venus à l'occasion de cette messe interpréter du Haydn (Dieu sait que c'est merveilleux, Haydn... déjà; mais Dieu sait mieux encore ce qu'Il a inspiré à l'anonymat du chant grégorien...), Benoît XVI nous rappelle le récit de la (petite) Pentecôte chez St Jean: Jésus dit a ses disciples: "Recevez l'Esprit Saint", et Il souffle sur eux.

 Merveilleux récit pour dire le scandale du "filioque" (Dans le crédo: "L'esprit Saint procède du Père..." l'église latine ajoute: ..."et du Fils", ce que les églises orthodoxes contestent...). Si cet Esprit procède à ce moment de l'homme Jésus (qui ne fait rien sans sa nature divine ni en désaccord avec le Père, ni avec l'Esprit Saint d'ailleurs, ayant la même substance... (soit dit en passant, la traduction française de la préface de la Trinité a une drôle d'allure quand elle parle d'une seule nature des trois personnes... cela met la nature humaine de Jésus un peu dehors. Ne vaut-il pas mieux parler d'une seule essence (substantia) des trois personnes, et laisser à la personne de Jésus le soin de règler l'introduction de sa nature humaine dans la Trinité... en plein accord avec les deux autres personnes d'ailleurs?)...

 Cette procédure dans St Jean soumet le Saint Esprit à un mystère presque aussi nodal (important, énigmatique, mais clé) que celui qui a dû se règler au concile de Nicée (?), qui déclare Marie "Mère de Dieu" (Theotokos?). Si Marie a pu mettre au monde le Fils de Dieu (et dans son humanité et dans sa divinité qui malgré tout préexist(ai)e(n?/t), l'Esprit Saint aura bon jeu de procéder du Fils aussi bien que du Père, tout comme d'ailleurs le Fils a été engendré non moins par le Père (de toute éternité) que par l'Esprit (au plus tard attesté dans l'Ecriture Sainte au moment de l'annonciation dans le sein de la Vierge).

 Je peux me tromper dans ces questions et je veux bien me soumettre humblement à ce qu'enseige l'Eglise catholique, mais le pape, ici, me faisait l'impression de donner une piste. Il faudrait que je relise l'encyclique de Jean-Paul II sur l'Esprit Saint.
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Publié dans spiritualité

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