Impro(pre)visation III (Tonte paulinienne I)

Publié le par Jean von Roesgen

 Si quelqu'un annonce un concert Bach et finit par jouer des improvisations, il y aura des gens dans le publique qui vont se lever et demander d'être remboursés à la caisse.

 A la messe dominicale on n'en est plus là. Le publique est averti. Il y a des années que ça dure. Il y a des décennies, que les gens tant soit peu sensibles et sensés sont partis. Restent ceux qui n'ont pas perdu espoir, ceux dont l'attachement au Christ est plus important que tous les iconoclasmes, ceux qui résistent, et puis il y a ceux qui ne sont pas assez instruits pour se rendre compte de la différence entre une improvisation et l'exécution d'une partition magistrale, et puis il y a ceux -la large majorité (*) qui veillera bien à ce que rien n'y soit changé- qui préfèrent les improvisations de plus en plus improvistes aux partitions. C'est plus vivant. C'est plus directe, plus sincère, plus dans le langage (musical, gestuel...) de tous les jours, de l'actualité, des temps présents, c'est proche du peuple, comme Jésus c'est fait proche du peuple. Comme St Paul c'est fait proche du peuple.

 St Paul avait des idées très arrêtées. (Et pour cause) Il faudrait peut-être lire ses lettres en entier, et pas seulement les passages choisis par les commissions liturgiques après le concile. Avant-hier soir j'ai lu son argumentation pourquoi il faut que les femmes se couvrent à l'Église, et pas les hommes qui ne doivent pas porter des cheveux longs. (I Cor. 11,3-16) Son argumentation n'est pas culturelle. Elle se veut au plus universelle. Ça se sent. Nous on n'y comprend plus rien.

 Jésus s'est fait beaucoup plus proche de ce que disait la Sainte Écriture qu'il fallait accomplir, en tant que Messie, que des habitudes de son entourage. Au contraire, c'est vraiment secondaire, de s'adapter à son entourage. Ça se sent. Comme le bon Samaritain, il n'oublie jamais de reprendre la route là où quelqu'un dans le besoin l'avait interrompue.

 Nous autres, au contraire, nous laissons volontiers nos chemins se laisser dissoudre par les besoins à gauche et à droite... nous n'aimerions plus que ces divagations comme direction.

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(*Va sans dire que cette large majorité, par rapport à la masse des fidèles définitivement dégoûtés et ce de génération en génération, n'est qu'une petite minorité...)
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Publié dans spiritualité

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