Impro(pre)visation

Publié le par Jean von Roesgen

 Il faut déplorer l'individualisme, la créativité, le libéralisme, le relativisme en matière liturgique, pour le dire simplement:  Les "j'aime ou je n'aime pas, cela me plaît ou cela ne ma plaît pas, je comprends ou je ne comprends pas,  je sens ou je ne sens pas..."

 Alors que cette mentalité s'est tellement implantée que même si vous (vous) réclamez (d') une tradition objective, universelle, canonique, vous vous faites traiter comme un individualiste égoïste qui veut imposer sa manière de voir: La tradition n'est plus qu'une possibilité parmi d'autres.

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 Passe encore si le créateur liturgique est vraiment engagé personnellement dans une recherche évangélique, dans une intimité personnelle avec son Christ (même si à vrai dire la liturgie n'est pas l'endroit pour nous exhiber cette intimité), passe encore... Mais si le célébrant et les équipes liturgiques ne font que suivre à l'aveuglette les propositions des professionnels d'idées et de signes des temps présents qu'ils divulguent par leurs revues et fiches à trois sous, c'est la rubrique à mort: c'est insupportable.

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 L'idéal, c'est certes une célébration qui épouse l'objectivité du rite: Un célébrant qui n'est que l'autre Christ symbolisé (mémorialisé, actualisé, rendu présent) par ses fonctions de ministres. Un célébrant qui se suffit de faire minutieusement ce qu'il a à faire, sans déborder, sans écart, sans défaillance...

 Il ne faut pas croire qu'autrefois, les prêtres ne se distinguaient pas par leur façon de célébrer: Il y en a qui célèbrent toujours avec plus ou moins de bonheur. Il y en a -malheureusement- qui ne savent pas tenir le ton d'un préface, ou fléchir au bon moment l'intervalle musical juste qu'il faut...

 Il y a malgré tout une différence entre ceux qui ont tout fait pour l'apprendre et s'entraîner, se plier, et ceux qui par un grand geste désinvolte remplacent tout cela par une... "improvisation".
(Ce terme technique est de mon évêque, quand je lui disais -à la sacristie, avant la messe- que l'avantage du grand missel sur l'autel, c'est qu'il contient la partition explicite de toutes les préfaces. "La petite édition du missel me suffira, pour la préface, j'improviserai..." Avec un grand et large (sou)rire d'autosuffisance. J'avais oublié que ce sont les évêques qui donnent l'exemple à leurs prêtres...)
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Publié dans liturgie

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