Chanter en vérité et en acte

Publié le par Jean von Roesgen

 Aimer le chant grégorien, non pas seulement en parole et avec des beaux mots, avec des belles déclarations et des bonnes résolutions, c'est de l'aimer en acte et en vérité: avec sa voix et son corps.
 C'est de le faire sien. Aujourd'hui. Tous les jours. Même la nuit (Nocturnale Romanum)...

 Alors que les vives recommandations de ce chant, dans les documents officiels, depuis plus de cent ans n'arrêtent pas de déferler sur les fidèles, jusqu'à proclamer ce chant chant propre de l'Église (Vatican II), la pratique ne suit pas toujours, loin de là. Au point qu'un ami grand amateur (pratiquant) de chant grégorien me disait en souriant: Tu sais, si on a besoin de toutes ces déclarations et dispositions, ces rappels à l'ordre, c'est tout simplement parce que personne ne s'y met.

 C'est comme les interdictions de danser dans l'Église: Il y en a eu tant et tant: Donc on dansait toujours. On continuait à danser.

 Il y a tant et tant de recommandations de pratiquer le chant grégorien: Donc on ne le pratique toujours pas.

 En même temps, ces documents sont tout à fait conscients du caractère exemplaire que devraient avoir les plus haut placés dans l'Église: les cérémonies dans les cathédrales. Les cérémonies avec le bon Pape (ca va mieux déjà).

 Je croirais à le regrégorianisation du chant de l'Église le jour où nous aurons un Pape qui vit et respire dans les antiennes grégoriennes, et qui fait vivre et respirer son épiscopat dans cet éthos musical. Le jour où le chant grégorien est devenu pour nos prêtres le pain quotidien vital et indispensable (comme il sait si bien faire: Sincèrement, je ne pourrais pas vivre sans ce chant, et une journée sans chant grégorien est une journée bien triste pour moi), ils n'auront plus besoin d'aller voir ailleurs chercher d'autres plaisirs musicaux (bien pâles) pour agrémenter leur célébrations.

 On ne se laissera plus faire par les pacotilles que nous proposent bien trop de musiciens religieux en vogue.

 (C'est drôle, sur les extraits que j'ai pu entendre du disque de Bernard/ Akepsimas/ Wackenhein, "Paul, apôtre des nations",  j'ai l'impression que Wackenheim fait du pastiche de Gouzes. C'est vraiment très drôle...)
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Publié dans spiritualité

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J
PS: La meilleure, c'est que cet entretien nous donne une petite clé de la tendance des textes de l'auteur en question, si on tient compte des liens étroits entre la lex orandi, credendi, cantandi, agendi, entre la pratique, la morale, le chant, la prière, la foi: <br /> "Il m’arrive de monter au créneau pour la bonne cause, dans des articles rédigés dans le cadre du mouvement « Parvis », pour contester des prises de position conservatrices en Eglise, et pour expliquer, par exemple, la nécessité d’une évolution concernant les ministères dans l’Eglise catholique, par l’appel d’hommes mariés et de femmes à une mission pastorale incluant la présidence de l’Eucharistie. Bien sûr, mon raisonnement fait appel à des théologiens solides comme Hervé Legrand, Louis-Marie Chauvet et d’autres, qui furent jadis mes maîtres à l’Institut de liturgie."<br /> <br /> Ne dit-on pas que si on laisse libre cours vernaculaire et liturgique, l'orthodoxie catholique s'en va? Je ne dis pas que ce genre de revendications n'ont pas droit de cité, mais leur cité, ce sont les églises protestantes, et non l'Eglise catholique en recherche, certes, d'oecuménisme et de dialogue avec ce genre de cités, mais elle n'est toujours pas censée se faire avaler et écraser (encore plus: liturgiquement ça suffit déjà) par ce genre de démarches.
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J
<br /> PPS:<br />  Par ailleurs j'espère que la liturgiqe céleste ne décevra pas les auteurs de chants religieux qui sont déjà parti vers ces liturgies meilleures... en tout cas, je ne souhaite pas rester dans<br /> l'enfer liturgique qu'ils nous ont cuit ici-bas.<br />  J'ai presque envie d'écire à cet auteur de textes religieux, pour lui demander combien sur ses trois enfants pratiquent encore régulièrement le dimanche (pour fournir des voix susceptibles de<br /> chanter les cantiques de leur père?)...<br /> Il va me dire que la liberté des enfants de Dieu... <br /> Mais alors pourquoi la liberté ne consiste pas à refuser une liturgie aux chants cucu et à contribuer à la liturgie tout court, au lieu de déserter les liturgies de plus en plus désertes...?<br /> <br /> <br />
M
Bonjour Jean,<br /> <br /> On est à des années-lumières du chant grégorien, mais avez-vous lu cet entretien consacré à l'auteur de chants «liturgiques» Claude Bernard (l'homme au «Souffle imprévisible») ? C'est à tomber à la renverse...Surtout l'une des phrases qui conclut l'article (« Après plus d’un millier de chants, je vais sûrement ralentir le rythme...»)<br /> <br /> Suivre ce lien : http://accrel.free.fr/accrel/Tribune/Entrees/2009/1/
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J
<br /> Bonjour<br /> <br />  J'ai lu cet article. Il met<br /> vraiment mal à l'aise... Avec quelle aisance on peut se trouver non seulement à mille années-lumières du chant grégorien (qu'on déclare "très beau répertoire" tout en voulant le remplacer dans<br /> moins d'une décénnie de tours de mains de formations et créations "très solides" autoréférentielles entre liturgistes qui se passent la poignée...), mais même à mille années-lumières des références<br /> dont on se réclame: de la Tour du Pin (dont on aura une empreinte chez Bertier, et dont on empreindra Bertier, et ainsi de Bertier en Bertier jusqu'aux compositions litéraires à cloche-pied<br /> charismatique qu'il doit lui-même regretter...)<br /> <br />  Mais il y a des bonnes nouvelles: Que le rythme de production va se calmer. Qu'il n'y a plus de publique ni d'éditeur pour ce genre de "travaux". Que depuis 2000 les assemblées consomatrices<br /> de ce gerne de chants rétrécissent (sans aucun lien bien sûr au "travail" musical qu'on leur a livré, parce qu'un chant doit être fait simple et abordable pour servir dans une assemblée; surtout,<br /> ce n'est pas l'assemblée qui devrait servir le Seigneur par le chant, ni l'auteur qui devrait servir le Seigneur par son travail, comme dit Samson: C'est un acte de charité que de chanter<br /> juste.<br />  Ce n'est pas forcément un acte de charité de rendre la musique tellement simplette et adaptée au monde qu'il sera impossible de chanter faux (et encore... même "Signes par miliers", dans ma<br /> paroisse, ils seront capables de le massacrer...).<br /> <br />  Bof et bref.  Attendons que ça passe.<br /> <br />  Jg<br /> <br /> <br />