Habitudes.

Publié le par Jean von Roesgen

 Pour rendre moins graves certains péchés, et pour les déculpabiliser d'une certaine manière, on parle d'"habitudes". Pour dire qu'il sera beaucoup moins facile de s'en défaire, parce qu'il y a une certaine adduction. Et on a sûrement raison:

 La volonté, la liberté du pécheur est beaucoup moins impliquée, il est d'une certaine façon moins responsable. Il mettra plus de temps à se défaire de ce genre de péché que d'un péché qu'il a commis librement, exprès, volontairement.

 Pourtant, l'habitué sera toujours tout à fait responsable de rester lucide sur cette habitude, et de ne pas s'y résigner, mais de continuer à demander à Dieu d'en être libéré (et si ça doit durer toute sa vie). Il sera responsable de ne pas faire bon ménage avec son habitude.

 La culpabilité peut être un facteur qui contribue à rester dans une habitude, mais il faut traverser cette culpabilité et non pas la sous-basser (unterhöhlen, vorweggreifen, verdrängen), la refouler, la devancer...

 Il faut mettre toute sa volonté, toute sa responsabilité à traverser cette culpabilité et trouver des chemins, des issues de sortie du labyrinthe d'une mauvaise habitude.
 Nous ne sommes peut-être pas responsable de nous trouver dans un labyrinthe, mais nous sommes tout à faut responsable de rester complaisamment dans son plein milieu, d'y tourner avec plaisir en rond, ou de chercher la sortie, qui souvent peut se trouver plus facilement à reculons et en réfléchissant qu'en fonçant... (dans une mauvaise culpabilité. Il y a une bonne culpabilité, celle qui nous fait (re)connaître de mieux en mieux et de plus en plus l'infinie miséricorde de Dieu, et sa toute puissance, et il y en a une autre, moins bonne, parce qu'elle désespère de la miséricorde, la puissance et de l'aide de Dieu...)

 Il y a une culpabilité saine, qui guérit du péché, et il y a une culpabilité malsaine qui s'y enfonce. Le tout, c'est de reconnaître la main plus forte que nous tend Dieu, ou de la refuser en ne comptant que sur nous-mêmes et nos impuissances et nos échecs. Que rien n'est impossible à Dieu est une expérience à vivre chacun de nous, et non pas un privilège de quelques héros de la foi. Que rien ne m'est possible, on ne le sait que trop bien. Mais condamner Dieu et ses commandements à cette impuissance, c'est la ruine de toute vie spirituelle.
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Publié dans spiritualité

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