pilier sans pont

Publié le par Jean von Roesgen

 Au célébrant, hier matin, après la messe, je souhaite "Bon courage avec le pilier perdu le Lacapelle-Marival", parce qu'il allait prêcher une retraite sur "Faire le pont entre les générations" dans ma paroisse qui, il y a quelques mois,  m'avait si bien remercié...
 Il me répond: "Je vais les redresser..."

 Ce n'est pas ce que je voulais dire, que ce pilier était tombé ou écroulé, je voulais dire qu'un pilier qui a cassé la voûte tendue vers la tradition du passé n'a rien à tendre vers l'avenir, et se trouve donc seul, abandonné et perdu au milieu des flots du temps présent...

 Mais finalement, il a raison: Un pilier qui n'est pas soutenu par une voûté tournée vers le passé et une autre voûte tournée vers l'avenir, s'écroule, et il faut le redresser...

 Le drame de l'Eglise, actuellement, c'est qu'il y a des piliers qui ne tiennent pas trop mal, parce qu'ils sont bien ancrés dans la passé, et d'autres qui tiennent bien, parce qu'il investissent toute leur énergie, toute leur tension vers l'avenir.
 Mais l'idéal, un pilier qui ne serait pas seulement nostalgique d'un passé meilleur, ou euphorique d'un avenir meilleur, un pilier qui fait pont entre le passé et ses valeurs, et l'avenir et ses promesses... c'est très très rare dans notre Eglise, alors que c'est là toute l'exigence du dernier concile: Fermement ancré dans une tradition vivante, témoigner d'un avenir meilleur.

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Publié dans spiritualité

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