Maître sur nos chemins.

Publié le par Jean von Roesgen

 La dame qui me remplace avantageusement et surtout docilement à l'harmonium de ma paroisse (elle dit ne pas prendre partie dans les différents que j'ai pu avoir avec mon curé au sujet des rubriques et du chant grégorien, mais son parti pris, c'est malgré tout de jouer un morceau quand on le lui demande au moment de l'offertoire ou de la procession de communion, là où je me serai permis de chanter le propre du jour. Elle se justifie en disant accepter et servir humblement cette liturgie avec ses pauvretés...)  m'a (enfin) fait parvenir la partition de ce chant si "bien choisi" pour une messe des enfants du catéchisme de tout le regroupement paroissial.
 "Bien choisi"? En tout cas, c'est que nous assure le journal paroissial dans un article qui n'est pas signé, parce que tout le monde reconnaît celui qui s'envoie indirectement des fleurs. J'ai eu le malheur de lire cet article, et j'en étais presque malade, de cette manipulation d'opinion publique :-) qui à la fin de l'éloge de la cérémonie fait de vives reproches aux parents qui font louper ces beaux rendez-vous de la foi à leurs enfants, parce qu'ils ne tiennent pas "leur engagement devant Dieu et l'église au moment du baptême de leur enfant"...
 Si ces rendez-vous feraient vraiment participer les enfants vraiment activement (et d'abord le célébrant et l'équipe liturgique) aux trésors de la liturgie romaine, on aurait pas besoin de ce moralisme à sens unique que l'auteur n'a pas le courage de signer.
 Quant au chant (A 35-81 texte de Claude Bernard, musique de Betrand Lemaire) dont le refrain favorisait si bien "l'adoration et la contemplation": "Toi qui nous appelles, Jésus de Nazareth, gloire à Toi qui te révèles, Jésus, Fils de Dieu." (Echos du Haut Quercy, février 2009, 44e année, N°478 p.3), il est marqué en valse lente 3/4, mais vu ces syncopages, il peut tout aussi bien se bercer deux fois plus vite en 6/8 (3/4=1/4+1/4+1/4+1/4=2/8+2/8+2/8=3/8+3/8=6/8), c'est deux valses dans une valse quoi... le comble du dorlotage musical. On le sait bien: Les chemins du Seigneur sont une lente danse balançante... Ce sont des pentes douces... dans l'atmosphère de la fin d'un bal: de l'ordre des slows.
 Les accents du coup tombent bien (on a l'embaras du choix d'endroits pouvant marquer des temps forts, il faut avouer, avec ces rythmes du genre 6/8 ou 12/8... si en plus on manipule un peu les syncopes, c'est parfait. Seulement des longueurs incompréhensibles sur appelleeeeees et mystèreeeees et des retombées un peu niaises et lourdes sur "OUUUUUU demeures-tu" et "OUUUUUU nous mènes-tu"? Ce chant a dû être proposé par Signes, et on a donc sauter sur le choix de Signes musique.

 Les parents qui n'envoient pas leurs enfants à participer "dans une attitude priante" à des chants aussi bien choisis ont vraiment de quoi se reprocher.

 Et le curé qui a renvoyé celui qui râlait contre ce genre de chants a très bien fait d'en préserver dorénavant sa paroisse. Il n'a rien à se reprocher. Il doit être le seul irréprochable de la paroisse d'ailleurs. Fort de ses engagements bien tenus devant Dieu et l'église.

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Publié dans liturgie

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