Label catholique II
Label catholique
Le latin de l'Eglise n'est pas le latin de Cicéro. C'est le latin de tout le monde. Sans exclure le latin de Cicéro (qui fait bien partie, lui aussi, du monde), le latin de l'Eglise ne peut pas se réduire exclusivement au latin de Cicéro, à l'exclusion du reste du monde. Le latin est la langue maternelle de tous les croyants, et elle englobe, elle absorbe le parler de tous ses enfants. Le latin n'est pas mort tant qu'on ne le tue pas.
C'est vrai qu'il a eu un sacré coup de gros bâton sur la tête il y a une cinquantaine d'années, et depuis il est entré dans un long coma. Il y a tout juste quelques prêtres et bonnes soeurs dévoués qui l'alimentent artificiellement, refusant de le faire euthanasier.
Une langue est vivante par ses auteurs et par ses penseurs. Ce sont eux qui enrichissent une langue. Ils se font rares ces jours-ci, pour ce qui est du latin. Même les documents du Vatican maintenant sont souvent des traductions en latin de textes à l'origine vernaculaires, allemands français, polonais, anglais, italiens...
Il y a deux manières de tuer le latin, je veux dire la langue de l'Eglise: Tout d'abord, c'est de fermer cette langue au monde, refuser à cette langue de parler au monde, et au parler du monde d'entrer dans cette langue et de se l'attribuer. Ensuite, c'est de fermer le monde à cette langue, en laissant la monde parler ces 1001 langues.
Le latin, c'est la mise en commun de toutes les langues du monde, mieux dit: des langues de tous les croyants du monde sous une seule langue maternelle qui a ses origines à Rome.
C'est tout à fait pareil pour la liturgie romaine. Ce n'est pas la liturgie de Rome qui s'impose imperméablement au monde, mais c'est la mise en commun de cette liturgie par tout le monde, absorbant les rites de tout le monde. Deux manières d'empêcher ce développement universel: geler la liturgie romaine et l'empêcher de faire son travail d'absorption. Ou: Laisser les liturgies partielles, particulières et locales aller leur propre chemin. Ce qui serait parfaitement contraire à ce qui veut dire "catholique". La liturgie romaine ne prime pas parce que son lieu serait Rome (à l'exclusion des autres), mais parce que c'est la liturgie de tous les lieux. Le latin ne prime pas parce que c'est(ait) la langue de Rome; mais parce que c'est la langue qui absorbe toutes les autres. Le chant grégorien ne prime pas parce que ce serait le chant de Rome, mais parce que c'est le chant d'aller-retour entre Rome et toutes les autres églises...
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Le latin de l'Eglise n'est pas le latin de Cicéro. C'est le latin de tout le monde. Sans exclure le latin de Cicéro (qui fait bien partie, lui aussi, du monde), le latin de l'Eglise ne peut pas se réduire exclusivement au latin de Cicéro, à l'exclusion du reste du monde. Le latin est la langue maternelle de tous les croyants, et elle englobe, elle absorbe le parler de tous ses enfants. Le latin n'est pas mort tant qu'on ne le tue pas.
C'est vrai qu'il a eu un sacré coup de gros bâton sur la tête il y a une cinquantaine d'années, et depuis il est entré dans un long coma. Il y a tout juste quelques prêtres et bonnes soeurs dévoués qui l'alimentent artificiellement, refusant de le faire euthanasier.
Une langue est vivante par ses auteurs et par ses penseurs. Ce sont eux qui enrichissent une langue. Ils se font rares ces jours-ci, pour ce qui est du latin. Même les documents du Vatican maintenant sont souvent des traductions en latin de textes à l'origine vernaculaires, allemands français, polonais, anglais, italiens...
Il y a deux manières de tuer le latin, je veux dire la langue de l'Eglise: Tout d'abord, c'est de fermer cette langue au monde, refuser à cette langue de parler au monde, et au parler du monde d'entrer dans cette langue et de se l'attribuer. Ensuite, c'est de fermer le monde à cette langue, en laissant la monde parler ces 1001 langues.
Le latin, c'est la mise en commun de toutes les langues du monde, mieux dit: des langues de tous les croyants du monde sous une seule langue maternelle qui a ses origines à Rome.
C'est tout à fait pareil pour la liturgie romaine. Ce n'est pas la liturgie de Rome qui s'impose imperméablement au monde, mais c'est la mise en commun de cette liturgie par tout le monde, absorbant les rites de tout le monde. Deux manières d'empêcher ce développement universel: geler la liturgie romaine et l'empêcher de faire son travail d'absorption. Ou: Laisser les liturgies partielles, particulières et locales aller leur propre chemin. Ce qui serait parfaitement contraire à ce qui veut dire "catholique". La liturgie romaine ne prime pas parce que son lieu serait Rome (à l'exclusion des autres), mais parce que c'est la liturgie de tous les lieux. Le latin ne prime pas parce que c'est(ait) la langue de Rome; mais parce que c'est la langue qui absorbe toutes les autres. Le chant grégorien ne prime pas parce que ce serait le chant de Rome, mais parce que c'est le chant d'aller-retour entre Rome et toutes les autres églises...
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