temps passés (mignons III)

Publié le par Jean von Roesgen

 Depuis que j'ai lu son excommunication, j'ai un peu honte d'habiter le même département que Gérard Bessières...

 Je ne vois pas très bien ce que ce témoignage a de chrétien.

 Le pape n'a pas consolidé quatre mitres vacillantes.

 Mais pour qui il se prend? Pour un anti-pape? (On sait bien que c'est un de ses sujets de fantasmes favorits... Il rêvait du pape bradeur qu'il n'y a heureusement jamais eu...)

 Je suis allé une fois à une de ces conférences qu'il organise(ait) en été pour des marginaux ou d'autres vedettes théologiques. Un grand Blablabla. Cela m'a fait penser à Ducoque (?), la vedette dogmatique à la faculté de Lyon dont je ne fréquentais pas les cours, mais dans la manière d'être me faisait toujours penser: cette punaise.

 Ce pauvre Bessières est encore en plein dedans dans l'exploitation libérale du concile. Il n'a pas encore compris que le pape a une autre sensibilité (à la vue des fruits probablement) quant à la lecture du concile. Une sensibilité un peu moins dans le vent, dans la liberté, et un peu plus dans la fidélité (et) à la lettre.

 "Jésus ne parlait pas latin." L'argument qui tue. Parlait-il français? Lisait-il en araméen quand il allait à la synagogue? Est-ce que la tradition s'est arrêtée à Jésus? Jésus a-t-il fini de parler? ...de se traduire dans la langue qu'il veut? De favoriser la langue (liturgique et théologique) qu'il veut?

 Pauvre mignon du temps, tes temps sont passés.

 Au point que tu as besoin d'encouragements pour céléber la messe dans la même langue dont tu te sers pour aller au marché, pour téléphoner à tes "amis théologiens", pour la célébrer en tournant le dos à 2000 ans de tradition et en t'ennombrillant avec des gens de "toutes religions..." avec ce juif Jésus qui ne parlait pas latin, mais qui a attendu 2000 ans pour être libéré du tombeau de la tradition? (Voilà que je te livre un bel argumentail...)

++++

 Le problème d'hommes comme Gérard Bessières, c'est que cela passe encore comme charisme personnel, avec un investissement énorme et constant (antidépresseur) en originalité et intuitions pour maintenir les deux fils... (être et de l'Eglise et du monde, être et mondain et marginal), mais dans ses petits immitateurs auquel nous on a droit dans nos petites paroisses (dans nos grands regroupements de petites paroisses), dans l'application bête et méchante de ce genre de pirouettes, c'est la catastrophe pastorale, parce que notre curé, enthousiaste pour de tels exploits intellectuels, n'est pas à leur hauteur. Il nous sert cette ouverture dans un esprit tellement fermé qu'il vaudrait mieux nous servir l'esprit fermé dans s/la tradition telle quelle, et à nous de nous libérer dans et par cet esprit, et non contre...
 Ce ne sera jamais l'esprit d'ouverture en soi, qui nous ouvrira vraiment, mais l'épanouissement dans l'esprit décrié comme fermé.
 La soumission de Jésus à la tradition est un exemple de taille à ce sujet. Il se fait au moins autant tuer pour la (vraie) tradition que par la (fausse) tradition. "Pas un jota de la loi... accomplir et non abolir la loi..."
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Publié dans spiritualité

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