corps musical III

Publié le par Jean von Roesgen

 "Quelque position qu'on tienne dans la hiérarchie de l'Eglise": Il faudrait déjà que tout le corps s'y mette (à chanter ce qu'il faut), que tout le corps s'y investisse (à apprendre chacun à son niveau le chant propre de l'Eglise) que tout le corps s'en guérisse (des musiques anorganiques, des musiques anti-corps, des antibiotiques en musique).

 "Quelque position qu'on tienne dans la hiérarchie de l'Eglise": du plus incompétent, du plus basique des fidèles au plus instruit des prélats, des prêtres les plus naîfs aux évêques les plus avertis, du peuple le plus simple au théologien le plus doué en jongleries de concepts et de spéculations... du Pape à la dernière Mémé, du nouveau baptisé au centenaire...
 Ce qui pose problème dans ce cas, bien sûr, c'est que ça peut être une sacrée épreuve d'humilité pour un supérieur d'aller demander de l'aide à un inférieur plus avancé en chant que lui-même, pour qu'il lui aprenne à chanter plus juste... à mieux incarner tel chant.

 "Quelque position qu'on tienne dans la hiérarchie de l'Eglise": à toute occasion qu'on célèbre, de la plus petite messe privée aux assemblés les plus gigantesques.

 Partout ce corps pourrait se constituer par son chant et non pas autrement. Jusque dans sa dernière, jusque dans sa fibre la plus cachée, la plus enfouie.

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 Chaque fois que je lis ou récite l'office au lieu de le chanter, je me prive d'un plus grand degré d'incarnation de la parole de Dieu. Si je le chante selon des mélodies toutes neuves et éphémères, cette incarnation s'en ressent. Si je ne chante pas dans la langue universelle de l'Eglise, je prive cette incarnation de son universalité. Si je ne chante pas dans la tradition, je prive cette incarnation de son intégration dans la longue chaîne des témoins, dans la grande communion des saints, et Dieu sait ce qui en est de la vie d'organes en dehors du reste du corps...

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 Avec toutes ces liturgies d'églises particulières, on érige autant de petites chapelles protestantisantes. Dire que c'est ces églises particulières qui crient haut et fort: "Et l'unité?", quand on leur demande des concessions au latin dans les rites.

 Je sais bien qu'il faut entretenir des rapports fraternels avec les chapelles protestantes, mais il ne faut pas non plus se faire d'illusions sur leur catholicité.

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Publié dans spiritualité

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