Dur(and) à Rocamadour.

Publié le par Jean von Roesgen

 Je ne connais aucun prêtre qui sache respecter l'ordre du chantable de la messe post-concillaire, qui -il est vrai- a ses particularités.

 Priorité aux dialogues entre le célébrant et les fidèles. (Présentation générale du missel 2002 §40)

 Déjà avant le concile (De musica sacra de 1958), entre messe basse et messe chantée, difficile de classer tout ce qui se pratiquait entre ces deux formes extrèmes sans jamais vraiment avoir eu un statut reconnu (deutsche Singmesse; messe basse aux cantiques populaires, avec quelques chants grégoriens, mais pas tout le propre du jour...  avec plus ou moins de propre, parfois sous forme simplifiée... etc.) L'après-concile hérite un peu de cette difficulté.

 (Enfin je tombe sur la permission préconciliaire de réciter tous ensemble, avec le prêtre, le "Pater Noster" aux messes basses (dialoguées) (§ 32 De musica sacra de 1958), et la permission de chanter des hymnes populaires à certains moments... au § 33 Pour chanter tous ensemble le "Pater Noster" à la messe chantée, j'ai bel et bien l'impression qu'il fallait attendre le missel (à vie courte) de 1965...)

 "Musicam sacram" de 1967, au paragraphe 29 distingue plusieurs degrés pour les chants de la messe qu'il serait peut-être bien de relire:

1re degré: toutes les oraisons, tous les dialogues, la préface, le Sanctus, la doxologie (Per ipsum... Par lui, avec lui et en lui...) le Pater Noster...

 Il ne faudrait jamais rien chanter de ce qui est du 2e degré (Agnus, Kyrie, Gloria, Credo, Prière universelle) ou du 3e degré (Chants d'entrée et de communion, psaume responsorial, alléluia, lectures, offertoire) si on n'a pas chanté tout ce qui relève du premier.

 Dans ce cas là, avec un prêtre incapable de chanter, on ne chanterait jamais rien, parce que le premier degré sollicite surtout le chant du prêtre.

 Dans ces énumérations, l'anamnèse (qui fera probalement partie du 1er degré) brille encore par le mutisme de son absence. Elle a été introduite à un moment un peu plus tard de la réforme, à un stade ultérieur de la messe normative de Paul VI dont elle est un peu un enfant chéri...

 (J'ai du mal à être d'accord pour le psaume responsorial qui devrait être un chant, un acte de chant en soi, indépendemment de tout autre chant de la messe. C'est ce qui ressort d'ailleurs pour moi des notes d'introduction aux lectionnaires. (§20 Psalmus responsorius de more cantu proferatur. ... §21 Cantus psalmi vel etiam solius responsi multum juvat ut spiritalis pasalmi sensus persipiatur eiusque meditatio foveatur ... §22 Psalmus post lectionem occurrens, si non cantatur, recitetur...)(

 Le père célébrant endurant de Rocamadour chante ses intentions pénitentielles hypermièvres (surtout pour la mélodie "envoie ton souffle...") alors qu'il nous fera réciter: "Saint, saint, saint le Seigneur", il nous fait chanter "Corps du Christ livré pour nous" et "Sang du Christ versé pour nous", acclamations kitsch à en verser des chaudes larmes de dévotion, alors que l'anamnèse on la récitera... Ces livres des rubriques avec leurs instructions sont du genre à le rendre fou, comme il disait.

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Publié dans chant

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