Iceberg

Publié le par Jean von Roesgen

 Dans notre vie de pécheur, souvent nous nous acharnons contre un seul péché ou un seul genre de péché, alors que souvent, ce n'est que la pointe d'un iceberg, et nous nous acharnons contre cette pointe, alors que c'est toute la montagne de glace flottante qu'il faut guider dans les eaux chaudes de l'amour du Seigneur pour qu'elle fonde toute entière. Nous voulons garder un coeur de glace, nous voulons garder une vie de glace, sans la pointe du péché qui nous accuse, qui nous dérange: alors qu'il faut tout engager, qu'il faut tout déranger, de fond en comble: nos resources, nos revenus, notre travail, notre regard sur et dans le monde, nos idées, nos habitudes...
 La pointe du péché n'est que la conséquence de la montagne de glace qu'est notre collaboration à ce (qui ne va pas ce) monde.
 Mais comment faire pour avoir le courage de tout abandonner, de tout quitter, de tout changer?

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 Cela ne sert à rien de s'acharner contre la pointe d'une montagne de glace tant qu'on ne veut pas faire fondre toute la glace dans les eaux plus douces ou plus salées de l'Evangile du Christ. Si par la pointe on peut conduire tout l'iceberg dans ces eaux-là, tant mieux.
 Cela sert à rien non plus d'ignorer la pointe de l'iceberg ou la bagatelliser, parce qu'elle indique qu'il y a une masse énorme de glace dont elle est seulement la pointe indicative. Négliger la pointe parce que ça sert à rien de s'acharner contre elle revient parfois à oublier tout l'iceberg dont elle n'est que l'indicatif.

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 Ignorer la pointe de l'iceberg (et ignorer du coup la présence de toute cette montagne de glace sumergée qui peut se retourner à tout moment et mettre en danger tout son entourage) est aussi fatal que de s'acharner sur la pointe sans bouger le tout. Avant le concile, la morale avait tendance à s'acharner, après le concile, elle a tendance à bagatelliser et ignorer.

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Publié dans spiritualité

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