Neumenunterscheidung I

Publié le par Jean von Roesgen

 Le rapport des neumes carrés (à partir de Guido d'Arezzo, mais surtout depuis l'imprimerie...) aux neumes manuscrits est assez "surjectif": Il y a en générale plus d'une figure neumée manuscrite traduite par une seule figure typographique. Un seul neume typographique représente plusieurs figures manuscrites.

 En partie, il y a (eu) des pertes dues à l'évolution (suite au phénomène de globulisation) de la théorie musicale (mais il y a eu d'autres évolutions, en ce qui concerne par exemple l'abandon des quilisma de descente, qui semblent attestés par le manuscrit de Montpellier... phénomène de mode?)

 D'édition en édition, depuis les travaux de Solesmes, les neumes typographiques deviennent beaucoup plus différenciés et explicites et vont finir par correspondre à l'état des neumes manuscrits. (L'Antiphonaire de 1934 dispose déjà de plus de nuances typographiques que le Graduel de 1908, et l'Antiphonaire de 2005 dépasse la finesse de celui de 1934 pour les graphismes purs des neumes, mais non pas pour les précisions rythmiques, les celeriter, les tenite et les épisèmes...)

 Le rapport des différentiations de neumes aux différentiations d'interprétation n'est pas bijectif: Souvent les neumes ne différencient pas graphiquement, ne précisent pas des longueurs ou des accélérations qui pour les interprètes dans le temps allaient de soi. Les graphismes n'indiquent que les précisions indispensables aux interprètes dans le temps, aux endroits où ils se trompaient toujours. Les endroits qui n'allaient pas de soi. D'où le fameux: "Un signe signifie, pas de signe ne signifie pas." Le rapport des graphismes à l'exécution n'est pas de l'ordre de l'indication, mais du rappel à l'ordre... impératif.
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Publié dans chant grégorien

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