Sancta Caecilia ora pro nobis.
Je suis étonné de constater toute la vénération musicale qui se chante sur Sainte Cécile bien avant qu'elle ne (se) soit déclarée patronne des musiciens. Aller voir ses nocturnes dans Hartker. Le fait que son patronage soit tardif (et pour certains tiré par les cheveux) n'enlève rien à l'importance (même musicale) de cette sainte.
Si vous ne chantez pas aujourd'hui l'antienne de communion qui lui est attitrée dans le graduel romain depuis des siècles (Einsiedeln 307), quand est-ce que vous la chanteriez? Le missel romain qui n'en dit mot ferait bien de lui rendre justice et de la proposer au choix au moins:
"Que soient troublés ceux qui m'ont traité d'injustice; moi je veux méditer ta loi, Seigneur, ta justice, et je ne serai pas troublée."
Bien sûr qu'elle contient une de ces invectives contre les "injustes", qu'un certain esprit post-concilaire irénique à voulu bannir de tout psaume, au lieu d'y voir des prières d'exorcisme (je les entends crier: Pire, pire encore, l'idée d'exorciser que celle de maudire quelqu'un...)... et alors? L'essentiel est l'ancrage de la martyre dans la loi du Seigneur qui la réconforte... et de ne pas se voiler la face devant l'origine des injustices qui s'abattent sur elle.
Par surcroît, cette antienne de persécutée s'applique à merveille au sort qu'on fait depuis des décennies au chant propre de l'Eglise, celui qui chante vraiment la loi, la parole du Seigneur, et qui y puise force, justice, et réconfort...
