cas de figures sociales

Publié le par Jean von Roesgen

 A force d'accuser les braderies liturgiques (*) de la perte de la foi, de la perte de la conscience et de la pratique religieuse, et de perte du sens de la morale, avec les baisses des effectifs dans les rangs des églises et les "manques" de vocation, on peut malgré tout se demander comment ça se fait que dans certains pays qui sont passé comme nous à la langue vernaculaire, aux chants populaires et aux autels retournés (les "messes à l'envers" comme titrait Claudel dans un article au Fogaro peu avant sa mort, en 1955 toujours d'après le petit livre de Uwe Michael Lang), les effectifs n'ont pas baissés, et les séminaires sont pleins?

 Juste parce que nous, nous avions des devoirs envers la tradition que ces pays plus jeunes dans la foi n'avaient pas (encore)? Juste parce que chez eux la prêtrise représente un avancement social et une européanisation, alors que chez nous la prêtrise est un pauvre boulot pas trop respecté. (Encore qu'on peut se demander à qui est dû la mauvaise image que le monde occidental a de ses prêtres... juste la polémique anticléricale? Il suffit d'avoir à faire d'assez prêt avec son curé, pour ne pas toujours être édifié... mais parfois, on peut aussi être agréablement surpris...)

 Parce que chez eux le renforcement de l'autorité autocrate et un peu autocéphale du clergé après les changements au-delà du concile se défend bien, parce qu'il (correspond à) ou soutient (ou est soutenu par) cet avancement social, alors que chez nous, c'est parfois parfaitement ridicule d'avoir promu en vis-à-vis quelqu'un dont ni la parole ni la profondeur de pensée, ni la culture générale n'est à la hauteur de cette position de vis-à-vis enseignant et impressionnant dans notre contexte culturel et social. Parfois on a carrément honte pour lui, alors que ce n'est vraiment pas ce qui devrait lui être demandé: d'être à la hauteur d'un spectacle, parce que si spectacle il y a, c'est tous les fidèles qui sont figurants, ou c'est Dieu qui est figure. C'est le spectacle du calvaire, et peu importe les lumières et le son... aux yeux du monde (mais non pas aux yeux et oreilles de la tradition qui ne se trompe pas dans ses chemins ballisés et dans ce qu'elle a fait pousser au bord de ce chemin comme chants, images, gestes...). Pour prier avec les fidèles, pour faire prier les fidèles, on n'a pas besoin de se donner en spectacle devant eux, on n'a qu'à savoir se tourner avec eux vers le Seigneur. Et si jamais il y en a dans cette foule de plus doués en chant qu'eux, cela leur pèse moins lourd dans le dos, (au contraire, cela peut porter et pousser leur élan de prière vers l'avant) que quand un animateur ou une animatrice se trouve à leur côté de spectacle... en position de concurrence...

 Pour ce qui est des vocation, si ces cérémonies ne réussissent pas à faire comprendre aux enfants que cela ne se voit ni ne s'apprécie à la mesure de ce qu'ils voient à la télé (dans les mêmes positions de "vis-à-vis"), rien ne pourra leur donner envie de partager la situation du pauvre figurant sous-qualifié sur la scène derrière l'autel, qui d'ailleurs, en générale, n'a pas de place pour les initialiser, eux, de quelque manière que ce soit dans ce qui prend figure de faux spectacle ou spectacle à faux.

 (* Vu la relation étroite entre la lex orandi et la lex credendi: Ta prière montre comment (ou ce que) tu crois, et la foi montre comment tu pries, la dégringolade liturgique (au-delà des intentions du concile) peut être la cause de, est en phase avec, et peut être la conséquence de la dégringolade pastorale, morale etc...)
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Publié dans liturgie

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