Singuli erimus meliores?
Je ne sais pas d'où vient ce concept du "devoir conjugal" qui doit être un concept prudent, réaliste et sage sans plus.
C'est vrai que l'accord dans le mariage est primordial. Et personne de l'extérieur (avec quelque morale que ce soit) n'a le droit de se mêler de cet accord ou de le diviser sous peine de porter atteinte à un sacrement.
Je me souviens bien de la phrase qui tombait à la fin de chaque entretien matrimonial de fiancés avec le prêtre où je faisais un stage paroissial: Il leur disait de ne pas se refuser l'un à l'autre.
Oui, mais se refuser quoi au juste? Le sous-entendu était claire: De ne pas se refuser leur corps, de faire leur devoir conjugal: d'assouvir les désirs de l'autre. De répondre à ses désirs.
Mais s'il s'agissait de ne pas refuser la chasteté à l'autre? De répondre à son désir de continence? Vous allez me dire: On ne se marie pas pour être continent.
Je vous répondrai: Qu'est-ce qui unit le plus?
Réponse: Cas par cas.
Et pour distinguer les cas par cas, il faut parler, dialoguer, se mettre d'accord avant de se cacher et se heurter par des obligations de devoir conjugaux, qu'ils soient de l'ordre d'assouvissement ou d'abstention.
Si on se marie, c'est pour être plus saint à deux qu'on ne serait tout seul.
Si c'est pour être moins saint que seul, cela ne vaut pas la peine. (*)
La sainteté ne réside pas dans l'assouvissement en soi, ni dans l'abstention en soi, mais dans ce qui unit le plus. Le maximum de cette union porte des fruits manifestes à l'intérieur d'une famille, et vers l'extérieur de la famille: une famille sainte rayonne sa sainteté dans l'Eglise, parmi les pauvres, dans la société, dans le monde...
Le devoir conjugal est en premier lieu un devoir verbal, un travail de consensus, avant d'être une loi de consommation.
Le travail de consensus (re)vient tout droit du sacrement: Le Seigneur est cette unité, la Trinité en donne l'exemple, l'union du Christ à son Eglise en est la matrice. C'est donc un travail de prière et d'accueil d'un don de Dieu, et pas seulement une mise en commun de désirs que de toute façon il faut purifier tout au long de la vie d'éventuels fantasmes vains et infructueux.
Il n'y a que les infantiles (incapables de vraie parole, et de vrai dialogue) taciturnes (comme Sénèque?), ceux qui n'ont pas goûté au verbe fait chaire, qui "seuls, seraient meilleurs".
++++
(*) Je me souviens bien de l'intervention du vénérable chanoine Heinisch quand on était au séminaire, qui prolongeait St Paul (..."mieux vaut se marier que de brûler..." 1 Cor 7,9) en racontant que souvent les problèmes d'incontinence des jeunes gens étaient réglés une fois qu'ils étaient mariés.
Bien sûr qu'une sexualité qui n'est pas chaste toute seule, peut devenir chaste dans la pratique d'un accord matrimoniale, mais en même temps il y a un danger: Que la sexualité dans ce mariage n'est que la prolongation d'une pratique masturbatrice qui continue et qui reste seule ...à deux. C'est à dire qu'elle ne purifie pas les fantasmes, ne chasse pas ces démons, ne construit pas l'unité, ne se met pas vraiment d'accord, ne se fonde pas dans le plan de la création, dans le plan d'amour de la création.
C'est vrai que l'accord dans le mariage est primordial. Et personne de l'extérieur (avec quelque morale que ce soit) n'a le droit de se mêler de cet accord ou de le diviser sous peine de porter atteinte à un sacrement.
Je me souviens bien de la phrase qui tombait à la fin de chaque entretien matrimonial de fiancés avec le prêtre où je faisais un stage paroissial: Il leur disait de ne pas se refuser l'un à l'autre.
Oui, mais se refuser quoi au juste? Le sous-entendu était claire: De ne pas se refuser leur corps, de faire leur devoir conjugal: d'assouvir les désirs de l'autre. De répondre à ses désirs.
Mais s'il s'agissait de ne pas refuser la chasteté à l'autre? De répondre à son désir de continence? Vous allez me dire: On ne se marie pas pour être continent.
Je vous répondrai: Qu'est-ce qui unit le plus?
Réponse: Cas par cas.
Et pour distinguer les cas par cas, il faut parler, dialoguer, se mettre d'accord avant de se cacher et se heurter par des obligations de devoir conjugaux, qu'ils soient de l'ordre d'assouvissement ou d'abstention.
Si on se marie, c'est pour être plus saint à deux qu'on ne serait tout seul.
Si c'est pour être moins saint que seul, cela ne vaut pas la peine. (*)
La sainteté ne réside pas dans l'assouvissement en soi, ni dans l'abstention en soi, mais dans ce qui unit le plus. Le maximum de cette union porte des fruits manifestes à l'intérieur d'une famille, et vers l'extérieur de la famille: une famille sainte rayonne sa sainteté dans l'Eglise, parmi les pauvres, dans la société, dans le monde...
Le devoir conjugal est en premier lieu un devoir verbal, un travail de consensus, avant d'être une loi de consommation.
Le travail de consensus (re)vient tout droit du sacrement: Le Seigneur est cette unité, la Trinité en donne l'exemple, l'union du Christ à son Eglise en est la matrice. C'est donc un travail de prière et d'accueil d'un don de Dieu, et pas seulement une mise en commun de désirs que de toute façon il faut purifier tout au long de la vie d'éventuels fantasmes vains et infructueux.
Il n'y a que les infantiles (incapables de vraie parole, et de vrai dialogue) taciturnes (comme Sénèque?), ceux qui n'ont pas goûté au verbe fait chaire, qui "seuls, seraient meilleurs".
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(*) Je me souviens bien de l'intervention du vénérable chanoine Heinisch quand on était au séminaire, qui prolongeait St Paul (..."mieux vaut se marier que de brûler..." 1 Cor 7,9) en racontant que souvent les problèmes d'incontinence des jeunes gens étaient réglés une fois qu'ils étaient mariés.
Bien sûr qu'une sexualité qui n'est pas chaste toute seule, peut devenir chaste dans la pratique d'un accord matrimoniale, mais en même temps il y a un danger: Que la sexualité dans ce mariage n'est que la prolongation d'une pratique masturbatrice qui continue et qui reste seule ...à deux. C'est à dire qu'elle ne purifie pas les fantasmes, ne chasse pas ces démons, ne construit pas l'unité, ne se met pas vraiment d'accord, ne se fonde pas dans le plan de la création, dans le plan d'amour de la création.
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