de l'on dit en latin ou en français.

Publié le par Jean von Roesgen

 C'est un peu compliqué, mais ça donne bien une idée de l'esprit du pays: Une dame qui va à une des messe de semaine où j'assiste, moi aussi, me dit que le curé a dit que j'ai dit que je veux qu'on dise la messe en latin.

 Je crois que je suis capable d'un peu plus d'esprit de distinction que cet avis "dondit" ...

 Je dis bien tous les avantages qu'il y aurait à dire la messe en latin, mais je dis aussi explicitement qu'il ne peut pas être question de passer d'aujourd'hui à demain d'un interdit de latin à un latin obligatoire, parce qu'on a trop vu les dégâts de tels changements inorganiques dans les années 60/70.
 Ensuite, c'est vrai qu'avec l'argent d'obole de la famille de la dernière messe d'enterrement où j'ai joué/chanté,  j'ai fait dire deux messes pour une défunte en latin et tourné vers le Seigneur parce qu'il faudrait que ce soit possible.
 J'ai écrit que c'est préférable que le prêtre dise à la messe en français tout ce qu'il ne comprend pas en latin. Par contre ce serait préférable qu'il dise en latin tout ce qu'il ne comprend pas et ne fait même pas comprendre (comprendre dans le sens d'entendre auditivement) en français. 
 Mais je n'ai jamais demandé que tout le monde, pour mon bon plaisir, là où je vais à la messe, doit passer au latin.

 De toute façon, ce n'est pas à un simple laïque de trancher la question du latin. Ce n'est pas au curé du lieu d'en trancher, et même pas à l'évêque du lieu, parce que le concile, appuyé et soutenu par les papes et la tradition en a très bien tranché. Il en a tranché d'une manière sage et réfléchie. Intelligente et raisonable. Il a décidé que les langues vernaculaires et le latin continuent à cohabiter dans nos liturgies. Il a décidé, que le latin et les langues vernaculaires cohabiteront d'une manière un peu plus libre, dorénavant, dans nos liturgies, d'une manière plus modulable qu'avant. Plus fexible qu'avant.

 Avant le concile, les homélies n'étaient que très rarement en latin, et les lectures, depuis un moment, se lisaient en traduction. Le peuple chantait à peu près ce qu'il voulait -un peu en déconnexion avec la célébration, certes, parfois, il est vrai- dans les langues qu'il voulait.

 Le concile voulait réduire ces déconnexions, et demandait qu'on cherche des chants mieux connectés, prenant exemple sur le chant grégorien. Cela n'a pas été fait, c'est toujours à faire.

 Le concile n'a jamais interdit totalement le latin, comme avant on n'a jamais interdit totalement le vernaculaire. Le concile voulait que les deux continuent à cohabiter en paix, sans se faire la guerre. Et il voulait que les prières les plus courantes et les récits les plus sacrés puissent se dire en latin.

 Je suis de l'avis du concile.

 Une messe tout en latin (ou rien qu'en latin) est certes une solution conciliaire possible, mais extrême et devrait se retrouver assez rare. Non moins rare que l'autre solution extrême: une messe tout en vernaculaire, ou une messe rien qu'en vernaculaire, c'est à dire, en France: Une messe tout en français, ou une messe rien qu'en français. Ca c'est des solutions de cohabitation extrêmes, très très rares, n'est-ce pas?

 (Le seul tort du concile dans tout ça, cest qu'il a pris les églises particulières et le fidèles pour plus adultes, intelligents, raisonnables réfléchis et sages qu'ils ne le sont. En petits enfants de cours de récré gâtés, ils s'en sont fait une guerre des boutons et ils se sont campés dans deux camps du tout ou rien...)


 Il faut distinguer ce que dit le concile et ce qu'on dit qu'il dit. Le mieux, pour cela, serait de relire ses documents.

 Le mieux, c'est de me demander ce que dis et ce que je ne dis pas, même si je ne me prends pas pour un concile, et surtout que je peux revenir plus facilement sur ce que j'ai pu dire, parce que la vérité est bien plus importante que ce que je dis.

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Publié dans liturgie

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