Mise à part

Publié le par Jean von Roesgen

 Jésus n'arrête pas de se mettre à part (sanctifier/sacrifier/sacraliser). Il commence sa vie publique par le retrait au désert. Pendant cette vie publique, il n'arrête pas de se retirer au désert pour entretenir sa vie intime (à part) avec son père.

 Quand il choisit ses disciples, il les met à part.

 Les pharisiens font tout pour le mettre à part.

 Le comble de sa mise à part sera atteint sur la croix.

 C'est là qu'il se manifeste le plus en Sauveur universel. (cf. la confession du centurion)

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 Soyez saints, comme votre Père céleste est saint, soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait: Il fait pleuvoir sur les bons et sur les méchants.
 Il est instantanément bien intentionné envers tous.
 C'est là l'universalité à rechercher. Etre instantanément bien intentionné envers tout et tous.

 Donc pas de barrières, pas de castes, pas d'en-fermement, pas de privilèges, pas de hiérarchie, pas de sacré...

...pas de mise à part...

... si c'est ça, il faut être cohérent: Pas de pape, pas d'évêques, pas de prêtres, pas d'églises, pas de religions spécifiques, pas de langues particulières...

 Ni Dieu ni maître comme sloganisait 1968.

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 Tout se joue entre deux phrases énigmatiques, mais clé de Jésus: "Qui n'est pas contre nous, est pour nous." Et: "Qui n'est pas pour moi, est contre moi." Il faudrait que j'aille jeter un coup d'oeil dans une synoptique (*)  pour voir les formulations exactes, surtout pour ce qui est des pronoms (moi ou nous?).

 Rahner (méfiance: je n'ai jamais bien fréquenté cet auteur, là je me base sur des "ondits") a cru devoir faire confiance dans la diffusion christianiste dans le monde, et il n'y avait rien à craindre de la sécularité, à part de ceux qui étaient explicitement contre. Je ne partage pas cet avis (si jamais c'est juste ce que je viens d'ondire).

 Les quelques paroles sur les gens entre-deux, à savoir les tièdes, dans l'apocalypse, sont forts. (Ap 3,16)

 (*Je n'étais pas si loin que ça:
 "Qui n'est pas avec/pour moi, est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi, disperse." (Lc 11,23 // Mt 12,30)
 "Qui n'est pas contre nous, est pour nous." (Mc 9,40) // "Qui n'est pas contre vous, est pour vous." (Lc 9,50) )

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 Si une église ne prévoit plus de se mettre à part -et elle peut avoir ses raisons: prendre au plus sérieux l'appel à l'universalité... donc ouvrir toutes ses barrières- elle n'a plus de raison d'être et encore moins de raisons pour se doter de gens à part pour les guider, diriger, pour les mettre à part...

 S'il n'y a plus de sanctuaire (mise à part) dans les Eglises, ou office le prêtre avec les enfants de choeur, s'il n'y a plus d'enfants de choeur qui prennent goût à cette mise à part et qui se rendent compte de ce que cela donne en disponibilité, en universalité, en ouverture, en intimité avec l'Universel, il n'y a plus de vocations.

 Vocations? Pour qui appeler d'ailleurs, par qui appeler, pourquoi appeler, s'il n'y a pas d'endroits à parts, s'il n'y a pas de raison d'être à part, si tout est pour tous de toute façon?

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 Je peux me tromper, mais depuis les dix ans que je suis dans cette paroisse, j'en ai vu passer, des vocations. Des vocations que personne n'a su soutenir et valoriser... des vocations que personne n'a su encourager. Des vocations auxquelles personne n'a donné des travaux engagés et suivis dans la liturgie et la pastorale. Des vocations qu'ils n'ont pas laissé "participer" à leur participation dite active. Des vocations que le prêtre n'a peut-être pas remarqué, en tout cas, il na pas su les tirer dans le sacerdoce, dans cette "mise à part". Des appels qu'on n'a tout simplement pas appelés.

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Publié dans spiritualité

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