Microphonie
Hier matin, comme j'étais encore sur Paris, je suis allé à la messe (dite) "grégorienne" à Notre Dame de Paris.
Une fois de plus j'ai dû constater que le micro tue le chant. L'amplification du choeur grégorien est discrète, mais réverbérante: On ne comprend à peine un mot sur quatre. Il faudrait trouver le bon emplacement pour ce choeur (quelque part dans les hauteurs, sur une tribune ou dans une des galéries?) et le faire chanter sans amplification. Leur chant et leur travail le mériterait peut être bien.
Le microphone empêche la formation d'une communauté vivante qui chante. Il y a une voix amplifiée qui est sensée "animer" le chant de la foule. (*) C'est mortel. Une chappe sonore qui nous étouffe. Ce serait mieux d'avoir cette voix -sans amplification- dans notre dos, qui chante bien, juste et assez fort pour nous soutenir... Avoir une voix animatrice en position de face est un contresens pire que celui de la célébration versus populum (tournée vers le peuple).
Le micro ne transmet pas le chant, il le pollue. Dilue, perlue, troplue. Tulue.
++++
On n'a jamais vu un chef d'orchestre jouer de l'instrument des instrumentistes qu'il veut animer. Un chef de choeur fait semblant de chanter, articule tout le texte, mais sans chanter plus fort que les choristes...
++++
(* A ce sujet, Proliturgia nous livrait il y a quelques jours ces quelques mot du Père Paul Cneude au sujet de l'animateur liturgique. Ces mots sonnent cocasse si on pense qu'ils sont de 1969, et que 1969 + 10, ça aurait fait 1979...)
"Cet acteur n'est pas prévu dans la structure de l'assemblée. Officiellement tous les documents l'ignorent. Disons seulement que plus encore que le commentateur il est un personnage provisoire: lorsque le peuple chrétien aura retrouvé le chant spontané, il disparaîtra, la chorale suffira à entraîner toute l'assemblée. D'ici là (car il faut être réaliste: sa présence peut encore être nécessaire pour quelques dizaines d'années, surtout en notre pays...) il lui revient de créer l'état de chant dans le peuple, de l'aider à s'exprimer... S'il se situe du côté du sanctuaire, c'est pour être visible de tous, mais il est au service du peuple. Et ajoutons enfin que plus le chant du peuple prend forme et devient spontané, plus l'action, la voix et les gestes de ce meneur doivent s'amenuiser, s'effacer, plus le personnage doit se faire discret, afin de ne pas détourner de l'autel l'attention de tous. Si actuellement il lui faut encore brasser l'air et s'époumonner pour délivrer le chant contraint d'une assemblée qui n'a pas encore redécouvert le lyrisme, il doit viser à ce que ses efforts lui permettent le plus vite possible de devenir un acteur inutile."
Une fois de plus j'ai dû constater que le micro tue le chant. L'amplification du choeur grégorien est discrète, mais réverbérante: On ne comprend à peine un mot sur quatre. Il faudrait trouver le bon emplacement pour ce choeur (quelque part dans les hauteurs, sur une tribune ou dans une des galéries?) et le faire chanter sans amplification. Leur chant et leur travail le mériterait peut être bien.
Le microphone empêche la formation d'une communauté vivante qui chante. Il y a une voix amplifiée qui est sensée "animer" le chant de la foule. (*) C'est mortel. Une chappe sonore qui nous étouffe. Ce serait mieux d'avoir cette voix -sans amplification- dans notre dos, qui chante bien, juste et assez fort pour nous soutenir... Avoir une voix animatrice en position de face est un contresens pire que celui de la célébration versus populum (tournée vers le peuple).
Le micro ne transmet pas le chant, il le pollue. Dilue, perlue, troplue. Tulue.
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On n'a jamais vu un chef d'orchestre jouer de l'instrument des instrumentistes qu'il veut animer. Un chef de choeur fait semblant de chanter, articule tout le texte, mais sans chanter plus fort que les choristes...
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(* A ce sujet, Proliturgia nous livrait il y a quelques jours ces quelques mot du Père Paul Cneude au sujet de l'animateur liturgique. Ces mots sonnent cocasse si on pense qu'ils sont de 1969, et que 1969 + 10, ça aurait fait 1979...)
"Cet acteur n'est pas prévu dans la structure de l'assemblée. Officiellement tous les documents l'ignorent. Disons seulement que plus encore que le commentateur il est un personnage provisoire: lorsque le peuple chrétien aura retrouvé le chant spontané, il disparaîtra, la chorale suffira à entraîner toute l'assemblée. D'ici là (car il faut être réaliste: sa présence peut encore être nécessaire pour quelques dizaines d'années, surtout en notre pays...) il lui revient de créer l'état de chant dans le peuple, de l'aider à s'exprimer... S'il se situe du côté du sanctuaire, c'est pour être visible de tous, mais il est au service du peuple. Et ajoutons enfin que plus le chant du peuple prend forme et devient spontané, plus l'action, la voix et les gestes de ce meneur doivent s'amenuiser, s'effacer, plus le personnage doit se faire discret, afin de ne pas détourner de l'autel l'attention de tous. Si actuellement il lui faut encore brasser l'air et s'époumonner pour délivrer le chant contraint d'une assemblée qui n'a pas encore redécouvert le lyrisme, il doit viser à ce que ses efforts lui permettent le plus vite possible de devenir un acteur inutile."
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