mulatries et vermines
Qu'elles sont les caractéristiques de la mule dont mon évêque aurait qualifié mon curé? (Avant de risquer un procès pour diffamation, j'espère bien sûr que c'est juste une rumeur qui ne tient pas debout, et je suis sûr, si jamais c'est vrai, que c'était sur un ton de plaisanterie, et que l'évêque n'a pas pensé aux conséquences de cette qualification, dont la première serait de se demander quel est le nom du propriétaire de la mule en question: Mulier? Mulatier?)
La première caractéristique d'une mule, c'est proverbial: l'animal têtu qui ne bouge pas de place.
La deuxième caractéristique c'est qu'elle est stérile, elle n'aura pas de descendant, elle sera toujours la dernière de sa génération. (Heureusement.) ...enfin, mon dictionnaire vient de me dire que c'est le mulet qui est stérile... donc au moins, mule et mulet, ça ne donnera pas de progéniture... (Heureusement)
La caractéristique de ses origines, c'est qu'elle est un mélange, un compromis, le fruit d'une rencontre incongrue. A la fois âne et à la fois cheval, mais ni cheval, ni âne. (Là je ne me risquerais pas dans d'autres interprétations, d'ailleurs il n'y en a pas qui me viennent à l'idée, mais:)
On me reproche d'être resté étranger à certaines pratiques, habitudes et caractéristiques du pays. Peut-être que l'âne et le cheval feraient mieux de rester étrangers entre eux, cela les empêcherait d'enfanter des mules stériles qui bloquent les chemins du pays.
J'ai la fâcheuse habitude de dire pour les grandes rencontres de l'église du coin, qu'on s'y retrouve toujours la même vermine pratiquante. (Je dis bien: Nous, nous sommes la vermine, et non pas comme les gens comprennent toujours: vous vous êtes...) Il y en a qui m'en veulent et qui prennent cela comme une insulte. Ce que je veux dire par là, c'est que c'est toujours les mêmes têtes qui tournent et se donnent l'impression d'être une église dynamique qui bouge, alors qu'on ne fait que grouiller sur place dans un cadavre. L'image est trop forte? Le reflet que j'ai eu hier d'un fonctionnement disciplinaire de cette église locale est de loin plus fort et plus morbide.
(Ce que j'ai oublié de signaler dans l'image de la vermine, c'est qu'elle défend son cadavre par le dégoût qu'elle inspire à tout autre animal qui s'en approche... 09.07.2008)
Je proposerai volontiers à mon évêque de choisir mon curé comme nouveau vicaire générale, vu comme il est efficace et expéditif pour ce genre de procédures disciplinaires (s'il mettait autant de zèle, de travail et d'organisation dans l'édification de l'église que dans sa démolition, ce serait merveilleux...). Il pourra rester en même temps curé de ses 35 clochers d'ailleurs et continuer à habiter Ste Colombe. Comme ça, il ne nous manquera pas. Il sera sûrement plus doué que ses prédécesseurs pour faire bouger les curés qui s'incrustent dans leur paroisse.
Je crois que je ne l'aurai jamais provoqué comme j'ai pu faire, sur les questions de rubriques, si je ne l'avais pas entendu gueuler un jour sur des mamans de professions de foi: "On n'a qu'à se tenir aux rubriques."
Je ne lui en voudrais beaucoup moins pour ses goûts et préférences de chant et musique, s'il n'avait pas remis à sa place un jour un de ses confrères qui commençait à nous commander avec son avis sur le déroulement des chants juste avant la messe: "Il y a des musiciens plus compétents que toi pour ça..."
Je ne lui aurais fait aucune remarque sur la fameuse (ru)mule, s'il ne m'avait pas confié un jour au retour d'un enterrement du village qu'il désert alors que l'ancien curé est encore vivant et n'habite pas trop loin: "Pastoralement, on ne peut rien faire dans cette paroisse. C'est l'ancien curé qui bloque tout."
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