participation active
Partons d'un fait divers... d'un détail...
(En fait, je ne suis pas sûr de ce détail, parce que je viens de trouver dans un parolier plus ancien qu'aux messes d'enterrements par exemple, on propose au curé ce dialogue d'entrée:
"Que le Dieu de l'espérance vous donne en plénitude la paix dans la foi, et que le Seigneur soit toujorus avec vous."
-"Et avec votre esprit."
Autant pour/contre moi donc... mais j'ai l'impression d'avoir déjà entendu la formule trafiquée dont je parle dans cette petite notice que je laisse telle quelle... en mettant juste quelques bémoles de mon doute...)
A l'enterrement, l'autre jour, j'ai cru entendre le curé saluer les fidèles par une formule qu'il aime bien (et il a raison, c'est la formule la plus consolante):
"Que Dieu notre Père et Jésus Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix." "...et que le Seigneur soit toujours avec vous."
-"Et avec votre Esprit."
(Répondent les fidèles)
Vous ne trouverez cette formule dans aucun missel français. La formule (très paulinienne) normale s'arrête là où j'ai écrit les trois points, et les gens sont sensés répondre:
-"Béni soit Dieu, maintenant et toujours."
Cela marche, parce qu'au Carmel, à la messe, l'aumônier qui sait varier les formules pénitentielles, de salutation et les prières eucharistiques s'en sert de temps en temps.
Mais si le célébrant ne veut pas prendre le risque de participation défective (d'autant plus qu'aux enterrements, les fidèles ne sont pas des plus fidèles), il doit chercher un truc pour déclencher le réflexe de la réponse habituelle.
(Le missel romain tourne cette troisième formule de salutation de façon à ce qu'on puisse répondre tout de suite: "Et cum spiritu tuo..." Ici, le missel français, d'une certaine manière, est plus authentique et plus exigeant... la formule vient peut-être de la proposition d'un commissionnaire francophone...)
++++
Beaucoup de participation dite active est de l'ordre de tels trucages, de nivelages... il ne manque plus que de faire de la présence respiratoire et des rythmes cardiaques de l'assemblée le nec plus ultra de la participation active.
Et vous en serez à nouveau au niveau moyen des participations aux messes pré-conciliaires: Il suffit d'être là. Rien à contribuer. Le curé fait son truc.
Le truc serait d'apprendre aux gens de répondre, de vraiment participer, d'avoir envie de s'investir dans ce déroulement liturgique, dans cette action sainte et sanctifiant...
Le truc n'est pas de descendre cette action dans ce que les gens disent et savent de toute façon.
Je comprends que -pour un curé- c'était frustrant de dire sa messe avec les réponses du serviteur de messe (là au moins on était sûr d'une pépinière d'initiés), alors que les fidèles vaquaient à leurs (pré)occupations.
Mais pour un fidèle c'est tout aussi frustrant d'être privé des trésors et de la richesse des variations liturgiques auxquelles il aimerait participer. Auxquelles, normalement, il a le droit d'assister et de participer.
++++
On sait bien que le peu de trésors qui ont survécu en pratique au concile étaient les trésors que les gens des commissions avaient réussi eux-même à vivre, incarner, estimer de l'intérieur.
Mais je crois qu'il faut garder ouvert les trésors et qu'il ne faut pas les réduire à ce qui à un moment avait valeur d'échange et faisait vivre un certain nombre.
++++
Cela peut paraître élitaire, mais quand je vais à la messe, je ne veux pas en premier lieu participer à la résignation et au nivellement par le bas, à la pauvreté et à l'incompétence du curé et de l'assemblée... je veux participer au rehaussement liturgique de nos pauvretés.
++++
Voilà. Mes excuses au pauvre curé que j'ai utilisé à tort comme point de départ de ces réflexions...
(En fait, je ne suis pas sûr de ce détail, parce que je viens de trouver dans un parolier plus ancien qu'aux messes d'enterrements par exemple, on propose au curé ce dialogue d'entrée:
"Que le Dieu de l'espérance vous donne en plénitude la paix dans la foi, et que le Seigneur soit toujorus avec vous."
-"Et avec votre esprit."
Autant pour/contre moi donc... mais j'ai l'impression d'avoir déjà entendu la formule trafiquée dont je parle dans cette petite notice que je laisse telle quelle... en mettant juste quelques bémoles de mon doute...)
A l'enterrement, l'autre jour, j'ai cru entendre le curé saluer les fidèles par une formule qu'il aime bien (et il a raison, c'est la formule la plus consolante):
"Que Dieu notre Père et Jésus Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix." "...et que le Seigneur soit toujours avec vous."
-"Et avec votre Esprit."
(Répondent les fidèles)
Vous ne trouverez cette formule dans aucun missel français. La formule (très paulinienne) normale s'arrête là où j'ai écrit les trois points, et les gens sont sensés répondre:
-"Béni soit Dieu, maintenant et toujours."
Cela marche, parce qu'au Carmel, à la messe, l'aumônier qui sait varier les formules pénitentielles, de salutation et les prières eucharistiques s'en sert de temps en temps.
Mais si le célébrant ne veut pas prendre le risque de participation défective (d'autant plus qu'aux enterrements, les fidèles ne sont pas des plus fidèles), il doit chercher un truc pour déclencher le réflexe de la réponse habituelle.
(Le missel romain tourne cette troisième formule de salutation de façon à ce qu'on puisse répondre tout de suite: "Et cum spiritu tuo..." Ici, le missel français, d'une certaine manière, est plus authentique et plus exigeant... la formule vient peut-être de la proposition d'un commissionnaire francophone...)
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Beaucoup de participation dite active est de l'ordre de tels trucages, de nivelages... il ne manque plus que de faire de la présence respiratoire et des rythmes cardiaques de l'assemblée le nec plus ultra de la participation active.
Et vous en serez à nouveau au niveau moyen des participations aux messes pré-conciliaires: Il suffit d'être là. Rien à contribuer. Le curé fait son truc.
Le truc serait d'apprendre aux gens de répondre, de vraiment participer, d'avoir envie de s'investir dans ce déroulement liturgique, dans cette action sainte et sanctifiant...
Le truc n'est pas de descendre cette action dans ce que les gens disent et savent de toute façon.
Je comprends que -pour un curé- c'était frustrant de dire sa messe avec les réponses du serviteur de messe (là au moins on était sûr d'une pépinière d'initiés), alors que les fidèles vaquaient à leurs (pré)occupations.
Mais pour un fidèle c'est tout aussi frustrant d'être privé des trésors et de la richesse des variations liturgiques auxquelles il aimerait participer. Auxquelles, normalement, il a le droit d'assister et de participer.
++++
On sait bien que le peu de trésors qui ont survécu en pratique au concile étaient les trésors que les gens des commissions avaient réussi eux-même à vivre, incarner, estimer de l'intérieur.
Mais je crois qu'il faut garder ouvert les trésors et qu'il ne faut pas les réduire à ce qui à un moment avait valeur d'échange et faisait vivre un certain nombre.
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Cela peut paraître élitaire, mais quand je vais à la messe, je ne veux pas en premier lieu participer à la résignation et au nivellement par le bas, à la pauvreté et à l'incompétence du curé et de l'assemblée... je veux participer au rehaussement liturgique de nos pauvretés.
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Voilà. Mes excuses au pauvre curé que j'ai utilisé à tort comme point de départ de ces réflexions...
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