vulnérabilité dorsale
Pour chanter sans être dérangé par du bruit dans mon dos quand je dois chanter seul, à la messe, et pour entraîner les autres dans du chant commun ou dialoguant (soliste-foule), me mettre au fond, dans le dos de l'assemblée, a fait ses preuves. Les fidèles sont moins tentés d'écouter passivement là où on devrait chanter tous ensemble, ce qui se passe souvent quand on chante proche du choeur... (La solution dirigée, après le concile était celle-là, de faire de la chorale et des chantres un entre-deux entre le sanctuaire (le choeur) et l'assemblée du commun des fidèles (la nef))
Seulement, il y a toujours des jeunes familles avec des enfants bruyants (que Dieu les bénisse et les garde) qui réussissent à se mettre encore plus au fond, encore plus près de la porte de l'église, et donc dans mon dos. Le moment du graduel et de l'alléluia devient alors un vrai combat. Passe encore pour le graduel. Au plus tard à l'alléluia, les enfants commencent à s'ennuyer et à s'agiter et à faire du bruit qui entre dans mon chant. Non, je ne dis pas que leur bruit me dérange, mais je dis que je dois assumer un combat (que je ne regrette pas: c'est peut-être le seul moment de la semaine que je suis sollicité quelque peu en pédagogie): Leur bruit me déroute, je perds le fil, je me bats (tout en continuant à chanter toujours comme si de rien n'était), je retrouve mon fil, retombe sur mes cordes de récitation, et hop, je déraille, et je recommence à chercher et (re)trouver mes repère: j'invite le bruit des enfants à cette raison avec plus ou moins de succès. C'est pire que le travail du charmeur de serpents parfois. Tout aussi dangereux. Je ne peux pas soumettre les enfants à l'emprise de l'harmonie, du bon ordre, de la justesse de mon chant, si je ne suis pas prêt à investir la justesse, l'harmonie, le bon ordre de mon chant à l'écoute de ce qu'ils ont, eux, à me dire, riposter et manifester...
Ce qui ne veut pas dire que je ne dois pas continuer et préparer au maximum ces pièces à la maison, pour les savoir au bout des doigts (au bout de la langue). Même si je ne vais pas les exécuter au bout de la perfection, parce que je me laisserai influencer, c'est drôlement important de savoir les pièces à 100 pour cent pour me ratrapper...
Je comprends les musiciens qui se réfugient à la tribune: Ils prennent et gardent le dessus. Seul problème: C'est extrêmement difficile de chanter vraiment ensemble avec le bas de la nef, parce qu'on prend tellement le dessus qu'on ne les entend pas. Et eux se sentent tellement dépassés parfois (parfois c'est tellement décalé d'ailleurs) qu'ils n'osent pas ouvrir la bouche. Passe encore pour le chant alterné (tribune /foule), mais pour le chant commun, ce n'est vraiment pas la solution. En d'autres mots: Le positionnement des chantres et des chorales à la tribune oblige à l'oubien-oubien d'un chant alterné: tantôt la tribune, tantôt la nef.
++++
Tout instituteur (et tout élève) en sait quelque chose de la vulnérabilité d'un enseignant (ou d'un élève) au tableau qui tourne le dos à la classe. On peut lui jeter des boutes de papier, il ne saura pas d'où ça vient... on peut siffler dans son dos, il ne saura même pas si ça vient du dedans ou du dehors...
Comme quoi la célébration tourné tous ensemble vers le Seigneur exige une très grande confiance entre le célébrant et les assistants. Exige du célébrant d'investir, d'offrir, d'exposer le martyre de sa vulnérabilité dorsale.
On peut voir de ce point de vue aussi le mal qu'auraient pas mal de célébrants, après le concile (et bien avant déjà) d'offrir leur dos: Ils préfèrent garder méfiement les fidèles à l'oeil.
Le célébrant orienté doit parfois mener un combat pareil à celui que je viens d'esquisser en haut à la puissance triple, quadruple, ou dix au moins; mais Dieu lui vient en aide (comme à tout homme qui mène le bon combat du Royaume de Dieu).
Seulement, il y a toujours des jeunes familles avec des enfants bruyants (que Dieu les bénisse et les garde) qui réussissent à se mettre encore plus au fond, encore plus près de la porte de l'église, et donc dans mon dos. Le moment du graduel et de l'alléluia devient alors un vrai combat. Passe encore pour le graduel. Au plus tard à l'alléluia, les enfants commencent à s'ennuyer et à s'agiter et à faire du bruit qui entre dans mon chant. Non, je ne dis pas que leur bruit me dérange, mais je dis que je dois assumer un combat (que je ne regrette pas: c'est peut-être le seul moment de la semaine que je suis sollicité quelque peu en pédagogie): Leur bruit me déroute, je perds le fil, je me bats (tout en continuant à chanter toujours comme si de rien n'était), je retrouve mon fil, retombe sur mes cordes de récitation, et hop, je déraille, et je recommence à chercher et (re)trouver mes repère: j'invite le bruit des enfants à cette raison avec plus ou moins de succès. C'est pire que le travail du charmeur de serpents parfois. Tout aussi dangereux. Je ne peux pas soumettre les enfants à l'emprise de l'harmonie, du bon ordre, de la justesse de mon chant, si je ne suis pas prêt à investir la justesse, l'harmonie, le bon ordre de mon chant à l'écoute de ce qu'ils ont, eux, à me dire, riposter et manifester...
Ce qui ne veut pas dire que je ne dois pas continuer et préparer au maximum ces pièces à la maison, pour les savoir au bout des doigts (au bout de la langue). Même si je ne vais pas les exécuter au bout de la perfection, parce que je me laisserai influencer, c'est drôlement important de savoir les pièces à 100 pour cent pour me ratrapper...
Je comprends les musiciens qui se réfugient à la tribune: Ils prennent et gardent le dessus. Seul problème: C'est extrêmement difficile de chanter vraiment ensemble avec le bas de la nef, parce qu'on prend tellement le dessus qu'on ne les entend pas. Et eux se sentent tellement dépassés parfois (parfois c'est tellement décalé d'ailleurs) qu'ils n'osent pas ouvrir la bouche. Passe encore pour le chant alterné (tribune /foule), mais pour le chant commun, ce n'est vraiment pas la solution. En d'autres mots: Le positionnement des chantres et des chorales à la tribune oblige à l'oubien-oubien d'un chant alterné: tantôt la tribune, tantôt la nef.
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Tout instituteur (et tout élève) en sait quelque chose de la vulnérabilité d'un enseignant (ou d'un élève) au tableau qui tourne le dos à la classe. On peut lui jeter des boutes de papier, il ne saura pas d'où ça vient... on peut siffler dans son dos, il ne saura même pas si ça vient du dedans ou du dehors...
Comme quoi la célébration tourné tous ensemble vers le Seigneur exige une très grande confiance entre le célébrant et les assistants. Exige du célébrant d'investir, d'offrir, d'exposer le martyre de sa vulnérabilité dorsale.
On peut voir de ce point de vue aussi le mal qu'auraient pas mal de célébrants, après le concile (et bien avant déjà) d'offrir leur dos: Ils préfèrent garder méfiement les fidèles à l'oeil.
Le célébrant orienté doit parfois mener un combat pareil à celui que je viens d'esquisser en haut à la puissance triple, quadruple, ou dix au moins; mais Dieu lui vient en aide (comme à tout homme qui mène le bon combat du Royaume de Dieu).
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