Graduels et antiphonaires postconciliaires...

Publié le par Jean von Roesgen

 Quel merveilleux travail (tout en paix, tout en douceur, tout en retrait, tout en discrétion, un peu sur la défensive) que ce Graduel de 1974 qui prend à la lettre la recommandation du concile de continuer le travail (de publication) critique des trésors du chant grégorien, et qui en élimine donc tout ce qui était pastiche (à quelques exceptions près) néo-grégorien, et ne propose pratiquement pas de nouvelle(s) composition(s) (la seule qui me vient à l'esprit, c'est l'anamnèse sur le ton de l'adoration de la croix si mes souvenirs sont bons... je ne me souviens pas de l'avoir chantée une seule fois de ma vie dans son contexte... et pourtant à l'abbaye St Wandrille, où j'étais pour un stage grégorien, ils doivent bien la chanter quand ils célèbrent en latin...)... Non sans signaler dans les rubriques, qu'il est toujours permis de chanter les pièces néo-grégoriennes là où elles étaient prévues par l'ancien graduel.

 L'antiphonaire monastique post-conciliaire -trente ans plus tard- ne provient pas de la même équipe. Ce n'est pas le même travail d'ailleurs. Toujours un travail tout en paix, en douceur, un peu moins en retrait, un peu plus affirmatif: Si une ancienne antienne ne correspond pas tout à fait au texte choisis par les commissions liturgiques de la liturgie des heures, on garde l'ancien texte de l'antienne... et pour cause. Si telle nouvelle antienne ne connaît rien d'équivalent dans le fond commun des trésors antiphonaires, on lui compose une nouvelle mélodie. Jusqu'à présent je ne suis tombé sur rien d'inchantable... c'est souvent des merveilleux travaux de composition.

 Mais je crois malgré tout, que l'esprit a quelque peu changé. Moins sur la défensive. Moins dans la justification (d'ancienneté et d'authenticité): il y a une tradition qui s'affirme vivante.
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Publié dans chant grégorien

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F
En fait, le graduale romanum de 1974 a été réédité avec le soutien financier de Mme Ward, qui avait exigé qu'on ne touche à rien des mélodies de l'ancien graduel. Alors ils ont reproduit sans aucun changement - y compris des erreurs - ce que même les tenants de la "méthode de Solesmes", (qu'il vaudrait mieux en fait appeler la "méthode de la schola Saint Grégoire du Mans"), reconnaissent.<br /> <br /> Il n'y a pas de "méthode de Solesmes" pour le chant grégorien. Il n'y en a jamais eu. On n'imagine pas que les fils de dom Guéranger - qui a lutté toute sa vie contre l'idée même de méthode spirituelle ou méthode d'oraison - s'enferment pour l'interprétation d'un chant qu'ils ont eux même restaurés et qu'ils pratiquement 8 heures par jour au choeur dans une méthode. Ce serait un non-sens.<br /> <br /> Pour l'antiphonaire monastique, ou sa déclinaison romaine, les "Heures grégoriennes", qui reprennent uniquement les partitions du premier (à quelques exceptions près), effectivement, c'est du pur bonheur musical. Très loin d'une vision étriquée du grégorien, et surtout avec une vision renouvelée de la notation dite "carrée" qui avait déjà été introduite dans l'édition du Liber Hymnarius en 1986 mais qui a été parachevée. en particulier sur la notation des Stropha (que l'on trouve dans les pièces propres de l'ordre de Saint Benoît dans le GR de 1974) mais aussi des pressus / oriscus, des salicus etc... Bref, à faire connaître chaudement, malgré les esprits chagrins....<br /> <br /> Donc les moines de Solesmes, avec l'antiphonaire on commencé à appliquer la recommandation explicite du concile de renouveler, avec une édition critique, les mélodies grégoriennes. Un coup de chapeau au passage également à la communauté Saint Martin pour les "Heures Grégoriennes".
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J
<br />  On le sait bien, que la méthode dite de Solesmes n'a jamais existé, mais elle n'en est pas moins ancrée (ou encrassée) dans certaines mentalités... alors il faut bien faire avec... ce fantôme<br /> obsolète.<br /> <br />  Je croyais que Me Ward (1879-1975) avait financé des recherches et publications antérieures des ateliers de Solesmes qui ce sont encore senti tenus à la version de la "vaticane" au moment de<br /> l'élaboration du nouvel graduel. (Pour des questions d'unité, et de continuité, c'était peut-être tout aussi bien finalement à ce moment là... et encore, aujourd'hui, je ne vois pas quelles<br /> corrections mélodiques feraient facilement l'unanimité... ou doit on abandonner l'idée d'uniformité universelle de ce chant?)<br /> <br />  Il y a une version française de cette passion de Gouzes aussi, d'après ce que je sais. Mais peut-être moins calquée sur le chant grégorien...<br /> <br />  Je trouve dommage qu'on n'ait pas un missel français avec les textes de référence (en français) pour et le choix d'antiennes du missel et de celui du graduei...<br /> <br /> <br />
Q
Bonjour,<br /> <br /> Je ne peux pas m'empêcher de sortir de ma réserve quadragésimale<br /> pour venir vous applaudir des deux mains.<br /> J'ajouterais une mention spéciale pour le graduel triplex de 1979.
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J
<br /> Vous avez raison, bien sûr, même si cette mention va de soi peut-être pour nous... mais est-ce qu'elle va de soi pour tout le monde? J'ai vu encore partir un fidèle dimanche dernier en plein<br /> introït, et j'ai bien peur que c'est pour ne pas avoir respecté assez la méthode dite de Solesmes... (qui fait autorité souvent en rite extraordinaire) ... un fois qu'on a fréquenté un peu les<br /> neumes, c'est tellement difficile de se plier à cette discipline, cette chappe d'isochronie..<br /> <br /> <br /> Merci.<br /> <br /> <br />