La liturgie Assimil.

Publié le par Jean von Roesgen

 Je sais bien que les petites antiennes du Missel romain, (Introït et Communion) surtout quand elles divergent de celles prévues par le Graduel romain, a priori, ne sont pas faites pour être chantées, mais juste pour être lues s'il n'y a pas eu de chant (du Graduel, ou autre chant approprié et approuvé...), et elles divergent non pas pour corriger celles du Graduel, mais juste pour donner plus de choix... (*)

 N'empêche que ces nouvelles antiennes sont toujours redevables au genre littéraire des antiennes qu'elles sont sensées remplacer ou compléter: L'introït est majoritairement tiré du psautier, a un contenu assez générale d'attitude, de gratitude, de 'Einstimmung', de mise en disposition, de mise en écoute... l'antienne de communion est en rapport avec l'eucharistie en générale, souvent en lien (de rappel) avec l'évangile dont elle rappelle l'essentiel, la clé du sens surtout pour faciliter cet évangile de s'incarner moyennant l'eucharistie, pour faciliter de le recevoir comme nourriture qui nous construit.

 Quand les traducteurs français ont invertis les antiennes de ce samedi, heureux de leur trouvaille (l'introït, un verset d'introduction à la prière pénitentielle), ils n'ont pas respecté les genres de ces antiennes. Ils ont fait de la communion une action de grâce sans lien avec l'évangile du jour, et de l'introït un verset sur lequel on ne peut pas imaginer une procession d'entrée ("Le publicain SE TENAIT A DISTANCE, il se frappait la poitrine en disant..." etc.)...


(* C'est ce que l'on dit. N'empêche que, là où les commissionnaires liturgiques avaient bien compris, bien fait passer dans leurs habitudes et leurs corps, là où ils avaient bien incarné une antienne ou un autre fait liturgique d'avant le concile, ils l'ont précieusement gardé: Leur réforme était souvent à la hauteur de leur assimilation, à leur incarnation liturgique, et au frais de tout le reste qui n'était pas à leur portée, où auquel ils ne se mettaient pas en portée... Il y avait comme le filtre de leur capacité liturgique, au lieu de faire confiance que la liturgie peut les dépasser et leur demander plus que ce qu'ils peuvent assimiler pour le moment. C'est comme les prêtres de cette génération qui ont une peur bleu qu'un mot de la messe pourrait leur échapper sans l'avoir compris. Un contrôle mental paranoïaque.)
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Publié dans liturgie

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