Sacrées distinctions II

Publié le par Jean von Roesgen

" Si la sainteté est en premier lieu un mouvement de Dieu vers l'homme, le mouvement qui s'en suit est le mouvement de l'homme vers Dieu. Si la seule réponse de l'homme au mouvement de Dieu vers l'homme, c'est de rester tourné sur-lui même, de continuer à se mouvoir en rond autour de soi-même, ce n'est pas la peine." (sacrées distinctions I)

 Le mouvement de Dieu est en quelque sorte l'effacement d'une distinction. Lui seul en est capable d'ailleurs et autorisé. Si l'homme en profite pour gommer ce qui le distingue de Dieu, et s'il ne fait pas très précisément la distinction entre là où il entre dans ce mouvement de Dieu vers l'homme (là où il répond à ce mouvement) et là où il se détourne de ce mouvement (n'y répond pas, s'en éloigne)... c'est peine perdue.

 Pour bien participer à ce mouvement de Dieu, à sa création, sa parole et à son incarnation (qui sont toutes les trois continues: il maintient la création en forme, sa parole se déploie dans l'enseignement de l'Eglise, il continue à s'incarner eucharistiquement dans cette Eglise), il faut savoir distinguer ce qui s'en distingue. Distinguer ce qui est dans le plan de la création, et ce qui n'y est pas (loi naturelle, qui est un vrai travail de contemplation et de discernement), ce qui est sa parole et ce qui ne l'est pas (travail des théologiens sous la houlette du travail du magistère), et ce qui est communion, et ce qui n'est pas communion, ce qui est pain consacré, et ce qui est pain ordinaire (une des premières conditions pour laisser un enfant faire sa première communion...), ce qui est levain du Royaume, et ce qui est pâte mal fermentée de ce monde.

 Abuser du pas de Dieu vers l'homme pour croire tout sanctifié automatiquement chez l'homme sans distinctions, c'est drôlement se méprendre sur l'histoire du salut. Ce genre de braderies théologiques n'aboutissent à rien.
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Publié dans théologie

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