Lettre au célébrant du jour.
Tout ce que je voulais dire, en comparant la démarche d'une liturgie soignant, entretenant, pratiquant une langue sacrée qui ne sert plus dans la vie courante à la démarche d'une liturgie traduite en langues dites vivantes, c'était ceci:
Une fois qu'on fait le choix de traduire en langue courante, une fois qu'on faut le choix d'adapter la liturgie aux mentalités, de la mettre à la portée du monde (et de ne plus porter le monde à la liturgie, et ne plus adapter les mentalités à la liturgie, à ne plus traduire les langues courantes dans une langue plus lente, paisible, calme...), il ne faut pas s'étonner de ne jamais avoir fini ce travail non plus. On a peut-être fait l'économie de travailler la langue sacrée, mais on n'aura jamais fini d'adapter et de (re)traduire la liturgie dans des mentalités et des langues qui changent sans arrêt et de plus en plus vite.
C'est ainsi qu'on sait très bien en ville, où la pratique religieuse reprend vie, que c'est surtout dans les paroisses traditionnelles, ou charismatiques, et grâce aux mouvements ou de renouveau (toujours neuf, des chansons toujours nouvelles, des prédicateurs qui parlent comme des jeunes...) ou de rite traditionnel. Ce sont les congrégations de ces deux tendances qui recrutent.
La mise de l'Eglise, jusqu'à l'application du concile, c'était de se rajeunir sans cesse dans le vieux au lieu de vieillir de plus en plus vite avec du neuf. Ceux qui choisissent le neuf (c'est un choix qui se respecte, même si je ne le partage pas) ont un autre travail que ceux qui gardent le vieux. Mais ceux qui font le drôle de compromis de rester sur le neuf vieux de 5, 10, 20, 30 ou 40 ans comme quelque chose de très vieux et vénérable, inchangeable, obligatoire... Pour moi, même les oraisons nouvelles ont déjà mal vieillies. Mais je les respecte comme une pauvreté liturgique.
Une fois qu'on fait le choix de traduire en langue courante, une fois qu'on faut le choix d'adapter la liturgie aux mentalités, de la mettre à la portée du monde (et de ne plus porter le monde à la liturgie, et ne plus adapter les mentalités à la liturgie, à ne plus traduire les langues courantes dans une langue plus lente, paisible, calme...), il ne faut pas s'étonner de ne jamais avoir fini ce travail non plus. On a peut-être fait l'économie de travailler la langue sacrée, mais on n'aura jamais fini d'adapter et de (re)traduire la liturgie dans des mentalités et des langues qui changent sans arrêt et de plus en plus vite.
C'est ainsi qu'on sait très bien en ville, où la pratique religieuse reprend vie, que c'est surtout dans les paroisses traditionnelles, ou charismatiques, et grâce aux mouvements ou de renouveau (toujours neuf, des chansons toujours nouvelles, des prédicateurs qui parlent comme des jeunes...) ou de rite traditionnel. Ce sont les congrégations de ces deux tendances qui recrutent.
La mise de l'Eglise, jusqu'à l'application du concile, c'était de se rajeunir sans cesse dans le vieux au lieu de vieillir de plus en plus vite avec du neuf. Ceux qui choisissent le neuf (c'est un choix qui se respecte, même si je ne le partage pas) ont un autre travail que ceux qui gardent le vieux. Mais ceux qui font le drôle de compromis de rester sur le neuf vieux de 5, 10, 20, 30 ou 40 ans comme quelque chose de très vieux et vénérable, inchangeable, obligatoire... Pour moi, même les oraisons nouvelles ont déjà mal vieillies. Mais je les respecte comme une pauvreté liturgique.
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