Velum
Martin Mosebach, dans tout un long chapitre de son livre (Haeresie der Formlosigkeit) nous parle du voile qui voile et dévoile. Et il y en a des, "velum" (faudrait-il dire "vela" au pluriel?): couvrant le calice, couvrant la tête (en mettant l'amicte), couvrant l'autel, couvrant le sanctuaire (le choeur: bancs de communion, iconostaes, rideaux)...
Il vient à parler d'Adam et d'Eve qui se rendent compte qu'il leur manque un voile. Du coup je me suis dit: Tiens, une toute autre approche que celle que j'ai livrée l'autre jour, où j'ai prétendu qu'ils avaient plutôt quelque chose en trop (ou de ne pas assez ci ou ça, en comparant aux autres...) qui les gênait, qui s'instrumentalisait, qui s'indépendisait d'eux (ou c'est eux qui arrivaient à prendre de la distance de, à disposer de, à instrumentaliser un de leurs constituants, et à le différencier entre eux).
Mais les deux se complètent: Il leur manquait quelque chose (des voiles, des vêtements) pour cacher quelque chose de trop, ou plutôt quelque chose qui avait perdu sa vadesoise (Selbstverständlichkeit) toute pudique en soi.
++++
Quant à tous ces vela supprimés par la mouvance du concile, je trouve qu'on a malgré tout toujours un grand velum privé à notre disposition pour agrémenter notre participation active et effective aux très saints mystères liturgiques: Nos paupières. Et je dois avouer qu'il y a des célébrants qui m'obligent à m'en servir pas mal. Je les ouvre tout juste au moment de l'élévation de l'hostie ou du calice. Pour le reste, je ne suis pas obligé de leur regarder dans la bouche ou dans les yeux, je ne pense pas, pour participer consciemment à se qui s'accomplit...
J'ai bien lu un jour qu'un célébrant orthodoxe reprochait aux fidèles de fermer les yeux quand ils assistent à la liturgie. Il argumentait: Les anges ne ferment pas les yeux devant Dieu. C'est possible que ce soit valable pour les célébrations qui ont intégré leurs voiles. Mais pour celles qui les ont déchirés à outrance, je ne sais pas faire autrement qu'en fermant les yeux.
Et encore, je regrette que les oreilles ne disposent pas de paupières.
++++
A part ça, je me suis carrément demandé, à la vue des dames (de la maison de retraîte) à la messe ce matin qui ont toutes largement dépassé la soixantaine, et qui ont donc toutes connu la liturgie sous l'ancienne forme, si la nouvelle liturgie n'est pas un peu le voile pour elles de l'ancienne liturgie. Si elles ne savaient pas quelle liturgie se cache réellement derrière ce qui se célèbre dans leur chapelle, elles feraient comme les jeunes: elles ne viendraient pas à la messe.
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Il vient à parler d'Adam et d'Eve qui se rendent compte qu'il leur manque un voile. Du coup je me suis dit: Tiens, une toute autre approche que celle que j'ai livrée l'autre jour, où j'ai prétendu qu'ils avaient plutôt quelque chose en trop (ou de ne pas assez ci ou ça, en comparant aux autres...) qui les gênait, qui s'instrumentalisait, qui s'indépendisait d'eux (ou c'est eux qui arrivaient à prendre de la distance de, à disposer de, à instrumentaliser un de leurs constituants, et à le différencier entre eux).
Mais les deux se complètent: Il leur manquait quelque chose (des voiles, des vêtements) pour cacher quelque chose de trop, ou plutôt quelque chose qui avait perdu sa vadesoise (Selbstverständlichkeit) toute pudique en soi.
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Quant à tous ces vela supprimés par la mouvance du concile, je trouve qu'on a malgré tout toujours un grand velum privé à notre disposition pour agrémenter notre participation active et effective aux très saints mystères liturgiques: Nos paupières. Et je dois avouer qu'il y a des célébrants qui m'obligent à m'en servir pas mal. Je les ouvre tout juste au moment de l'élévation de l'hostie ou du calice. Pour le reste, je ne suis pas obligé de leur regarder dans la bouche ou dans les yeux, je ne pense pas, pour participer consciemment à se qui s'accomplit...
J'ai bien lu un jour qu'un célébrant orthodoxe reprochait aux fidèles de fermer les yeux quand ils assistent à la liturgie. Il argumentait: Les anges ne ferment pas les yeux devant Dieu. C'est possible que ce soit valable pour les célébrations qui ont intégré leurs voiles. Mais pour celles qui les ont déchirés à outrance, je ne sais pas faire autrement qu'en fermant les yeux.
Et encore, je regrette que les oreilles ne disposent pas de paupières.
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A part ça, je me suis carrément demandé, à la vue des dames (de la maison de retraîte) à la messe ce matin qui ont toutes largement dépassé la soixantaine, et qui ont donc toutes connu la liturgie sous l'ancienne forme, si la nouvelle liturgie n'est pas un peu le voile pour elles de l'ancienne liturgie. Si elles ne savaient pas quelle liturgie se cache réellement derrière ce qui se célèbre dans leur chapelle, elles feraient comme les jeunes: elles ne viendraient pas à la messe.
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