Participation commune
En générale, quand je chante l'offertoire grégorien, s'il y a le temps (en rite romain de forme extraordinaire, il y a largement le temps en générale), je chante un verset d'offertoire en plus de l'antienne du Graduel, verset tiré de l'Offertoriale triplex, une publication grégorienne supplémentaire de la maison de Solesmes. Et dès que je vois le lavement des mains, je sais que je dois bientôt m'arrêter, et j'abrège s'il le faut, ou je ne répète pas le bout de l'antienne qui serait à reprendre après le verset (comme dans un répons), parce que j'ai appris en rite ordinaire, que la musique d'offertoire ne doit jamais faire attendre le célébrant, ou couvrir ses actions dépassant l'offertoire...
L'autre jour, en rite (romain sous sa forme) extraordinaire toujours, c'était le dernier dimanche de l'avent, comme je n'étais pas seul à chanter le propre, ce n'était pas moi qui décidais du chant, et on avait donc programmé un cantique populaire après l'antienne d'offertoire: "O Dieu de clémence..." On a dû chanter un ou deux couplets, et le prêtre en était au lavement des mains. Je m'attendais à ce qu'on s'arrête à ce moment là, mais non, on continuait, pour chanter tous les couplets du cantique jusqu'à la fin.
A un moment, je vois le célébrant faire silencieusement la tourne (pirouette n'est pas le bon mot, c'était une pirouette lente, posée, un peu comme dans une horloge mécanique à personnages qui sortent, retournent sur leurs pieds et rentrent dans la mécanique) de l'"Orate fratres...", et continuer ses prières...
Tout cela me semblait soudainement parfaitement naturel et coordonné.
J'avais envie de demander à ce célébrant -mais c'est peut-être trop lui demander ou demander quelque chose de trop intime- d'écrire une petite page à l'intention de ses frères (dans le sacerdoce) post-conciliaires, qui ont tellement de mal à se laisser porter dans leur prière par une activité parallèle qu'ils ne dirigent et ne contrôlent pas.
Je dois me faire trop de soucis pour rien quand j'essaye de coordonner parfaitement le chant et l'offertoire.... Je dois rester assez marqué par cette génération de prêtres obsédés par l'idée de participation commune qui n'a pas compris grand chose à la hiérarchie, la constitution, la structuration et les différences de sensibilités et d'états (spirituels, culturels, sociaux) du "peuple" de Dieu...
On ferait bien de reméditer:
"Le tempérament, le caractère et l'esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs." (Pie XII dans Mediator Dei II,3)
Cette phrase ne plaide ni pour un nivellement par le bas, ni pour un nivellement élitaire ou élitiste par le haut, mais pour une paisible et harmonieuse cohabitation de différentes manières de participer...
Savoir comment le célébrant vit ces actions parallèles de son intérieur (sacerdotal) ne me regarde pas finalement. L'essentiel c'est de ne pas se donner l'impression d'être dérangé ou de se déranger par ce qu'on peut chanter et ce qui se célèbre en même temps...
L'autre jour, en rite (romain sous sa forme) extraordinaire toujours, c'était le dernier dimanche de l'avent, comme je n'étais pas seul à chanter le propre, ce n'était pas moi qui décidais du chant, et on avait donc programmé un cantique populaire après l'antienne d'offertoire: "O Dieu de clémence..." On a dû chanter un ou deux couplets, et le prêtre en était au lavement des mains. Je m'attendais à ce qu'on s'arrête à ce moment là, mais non, on continuait, pour chanter tous les couplets du cantique jusqu'à la fin.
A un moment, je vois le célébrant faire silencieusement la tourne (pirouette n'est pas le bon mot, c'était une pirouette lente, posée, un peu comme dans une horloge mécanique à personnages qui sortent, retournent sur leurs pieds et rentrent dans la mécanique) de l'"Orate fratres...", et continuer ses prières...
Tout cela me semblait soudainement parfaitement naturel et coordonné.
J'avais envie de demander à ce célébrant -mais c'est peut-être trop lui demander ou demander quelque chose de trop intime- d'écrire une petite page à l'intention de ses frères (dans le sacerdoce) post-conciliaires, qui ont tellement de mal à se laisser porter dans leur prière par une activité parallèle qu'ils ne dirigent et ne contrôlent pas.
Je dois me faire trop de soucis pour rien quand j'essaye de coordonner parfaitement le chant et l'offertoire.... Je dois rester assez marqué par cette génération de prêtres obsédés par l'idée de participation commune qui n'a pas compris grand chose à la hiérarchie, la constitution, la structuration et les différences de sensibilités et d'états (spirituels, culturels, sociaux) du "peuple" de Dieu...
On ferait bien de reméditer:
"Le tempérament, le caractère et l'esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs." (Pie XII dans Mediator Dei II,3)
Cette phrase ne plaide ni pour un nivellement par le bas, ni pour un nivellement élitaire ou élitiste par le haut, mais pour une paisible et harmonieuse cohabitation de différentes manières de participer...
Savoir comment le célébrant vit ces actions parallèles de son intérieur (sacerdotal) ne me regarde pas finalement. L'essentiel c'est de ne pas se donner l'impression d'être dérangé ou de se déranger par ce qu'on peut chanter et ce qui se célèbre en même temps...
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