cérémonial épiscopal
L'évêque était venu un jour de première communion et de baptême. On avait bien étudié le rituel pour ne pas lui faire de mauvaises surprises...
L'accueil du petit enfant qui allait être baptisé, le dialogue avec ses parents, et surtout la marque du signe de croix sur son front, d'après les rubriques, devait tenir lieu de rite d'accueil et de pénitence, et il était prévu de passer tout de suite après ces rites -sans Kyrie- au "Gloire à Dieu..."
Ce qui n'a pas empêché notre évêque de nous faire une mauvaise surprise: Notre préparation lui manquait de rite pénitentiel. Au lieu de lui expliquer, notre curé, pris de panique, en dernière catastrophe, lui propose le rite de l'aspersion (nous étions en temps pascal)... au pied levé, pour accompagner dûment ce rite imprévu, l'équipe des musiciens reprend le chant d'entrée avec des couplets plus en lien avec l'eau du baptême. Personne ne s'est rendu compte de rien.
La meilleure, c'est que plus tard, pour baptiser, on rebénira une eau, comme si celle de l'aspersion n'avait pas été assez bénite...
J'y repense en visionnant le début de la cérémonie des baptêmes le jour du baptême du Seigneur à la chapelle sixtine... le pape se tient à ce qu'on lui a bien préparé (même si d'après mes souvenirs, le rituel prévoit que la croix baptismale sur le front des enfants peut faire office même du signe de croix inaugurant la célébration...). (Les chants de cette cérémonie, malgré leur biblicité ne me donnent pas envie de visionner plus en avant que le début... Quelle soupe.)
J'avais écrit une lettre (références du cérémonial épiscopal à l'appui) à notre évêque pour lui expliquer le comment et le pourquoi de notre préparation liturgique reprenant son bon mot passe partout liturgique: "Nous sommes pour des liturgies qui ne fâchent pas": Il ne faudrait pas que les seules liturgies qui viennent à fâcher soient celles qui se tiennent aux rubriques...
Je n'ai jamais eu de réponse.
Si, peut-être, en réponse, quelques mois plus tard, j'ai été viré de tout service liturgique dans ma paroisse.
++++
Je tiens à préciser que ces différents liturgiques ne proviennent pas du fait que moi je pense et je ressens pré-conciliaire, et notre évêque post-conciliaire, au contraire:
Les rites préconciliaire ne se gênent pas de doubler ou de tripler les rites, de célébrer et une aspersion ("Asperges me..."), et un rite péntitentiel au bas de l'autel (Confteor et Kyrie), et un troisième avant de recevoir la communion (Non sum dignus et Confiteor)... (Cela ne me gêne pas outre mesure, parce que je connais le pauvre âne distrait que je traîne à la messe: Il mérite bien qu'on lui répète ce dont il n'arrête pas de se distraire... mais le concile a fait de nous des participants actifs, hyper-présents et conscien(cieux)ts:)
C'est le mot d'ordre du concile à la noble simplicité, la simple vérité, la vraie compréhension et participation des fidèles qui fait en sorte que nous avons les rubriques celon lesquelles on avait préparé la cérémonie dont je parlais en haut.
Le différent ne porte pas sur pré-et post-concile, mais sur le caprice (la paresse) et la préparation (le travail) liturgique. (Rapellons que "Liturgie" vient de "travail" (ergos?) et de "peuple" (lyos ou luos?). Travail du peuple, ou travail pour le peuple, travaux publiques quoi... Ce travail -d'office- serait populaire. Cette paresse -d'office- vide nos églises... parce que le sérieux des assistants suit le sérieux des célébrants, et le sérieux de ce qu'ils célèbrent ne peut se remarquer qu'au sérieux avec lequel ils célèbrent... en d'autres mots: Les mystères qu'ils célèbrent sont pris au sérieux dans la mesure du sérieux dans/avec lequel ils sont célébrés. Et ils sont célébrés au sérieux de leur convictions toutes personnelles... ce sérieux (ou le peu de sérieux) reflète leur propre travail évangélique, le sérieux de leur propre engagement évangélique. Là-dessus les fidèles ne se trompent pas. Ils le leur rendent bien, aussi bien dans un sens (assister, participer) que dans un autre (s'absenter, s'abstenir)...)
Alors qu'en réponse à mes pauvres efforts de travail, on me renvoie à la liturgie pré-conciliaire... Décidément, c'est moi qui n'ai rien compris.
++++
L'accueil du petit enfant qui allait être baptisé, le dialogue avec ses parents, et surtout la marque du signe de croix sur son front, d'après les rubriques, devait tenir lieu de rite d'accueil et de pénitence, et il était prévu de passer tout de suite après ces rites -sans Kyrie- au "Gloire à Dieu..."
Ce qui n'a pas empêché notre évêque de nous faire une mauvaise surprise: Notre préparation lui manquait de rite pénitentiel. Au lieu de lui expliquer, notre curé, pris de panique, en dernière catastrophe, lui propose le rite de l'aspersion (nous étions en temps pascal)... au pied levé, pour accompagner dûment ce rite imprévu, l'équipe des musiciens reprend le chant d'entrée avec des couplets plus en lien avec l'eau du baptême. Personne ne s'est rendu compte de rien.
La meilleure, c'est que plus tard, pour baptiser, on rebénira une eau, comme si celle de l'aspersion n'avait pas été assez bénite...
J'y repense en visionnant le début de la cérémonie des baptêmes le jour du baptême du Seigneur à la chapelle sixtine... le pape se tient à ce qu'on lui a bien préparé (même si d'après mes souvenirs, le rituel prévoit que la croix baptismale sur le front des enfants peut faire office même du signe de croix inaugurant la célébration...). (Les chants de cette cérémonie, malgré leur biblicité ne me donnent pas envie de visionner plus en avant que le début... Quelle soupe.)
J'avais écrit une lettre (références du cérémonial épiscopal à l'appui) à notre évêque pour lui expliquer le comment et le pourquoi de notre préparation liturgique reprenant son bon mot passe partout liturgique: "Nous sommes pour des liturgies qui ne fâchent pas": Il ne faudrait pas que les seules liturgies qui viennent à fâcher soient celles qui se tiennent aux rubriques...
Je n'ai jamais eu de réponse.
Si, peut-être, en réponse, quelques mois plus tard, j'ai été viré de tout service liturgique dans ma paroisse.
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Je tiens à préciser que ces différents liturgiques ne proviennent pas du fait que moi je pense et je ressens pré-conciliaire, et notre évêque post-conciliaire, au contraire:
Les rites préconciliaire ne se gênent pas de doubler ou de tripler les rites, de célébrer et une aspersion ("Asperges me..."), et un rite péntitentiel au bas de l'autel (Confteor et Kyrie), et un troisième avant de recevoir la communion (Non sum dignus et Confiteor)... (Cela ne me gêne pas outre mesure, parce que je connais le pauvre âne distrait que je traîne à la messe: Il mérite bien qu'on lui répète ce dont il n'arrête pas de se distraire... mais le concile a fait de nous des participants actifs, hyper-présents et conscien(cieux)ts:)
C'est le mot d'ordre du concile à la noble simplicité, la simple vérité, la vraie compréhension et participation des fidèles qui fait en sorte que nous avons les rubriques celon lesquelles on avait préparé la cérémonie dont je parlais en haut.
Le différent ne porte pas sur pré-et post-concile, mais sur le caprice (la paresse) et la préparation (le travail) liturgique. (Rapellons que "Liturgie" vient de "travail" (ergos?) et de "peuple" (lyos ou luos?). Travail du peuple, ou travail pour le peuple, travaux publiques quoi... Ce travail -d'office- serait populaire. Cette paresse -d'office- vide nos églises... parce que le sérieux des assistants suit le sérieux des célébrants, et le sérieux de ce qu'ils célèbrent ne peut se remarquer qu'au sérieux avec lequel ils célèbrent... en d'autres mots: Les mystères qu'ils célèbrent sont pris au sérieux dans la mesure du sérieux dans/avec lequel ils sont célébrés. Et ils sont célébrés au sérieux de leur convictions toutes personnelles... ce sérieux (ou le peu de sérieux) reflète leur propre travail évangélique, le sérieux de leur propre engagement évangélique. Là-dessus les fidèles ne se trompent pas. Ils le leur rendent bien, aussi bien dans un sens (assister, participer) que dans un autre (s'absenter, s'abstenir)...)
Alors qu'en réponse à mes pauvres efforts de travail, on me renvoie à la liturgie pré-conciliaire... Décidément, c'est moi qui n'ai rien compris.
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