Comment faire dire le contraire à une instruction romaine?

Publié le par Jean von Roesgen

 Une instruction n'est pas romaine, parce qu'elle vient de Rome, ou parce qu'à Rome on la respecte au mieux (il suffit d'aller à la messe à Rome pour se rendre facilement compte du contraire...). A Rome, commodité, paresse et individualisme sont aussi italiens, qu'en France ils sont français  ou allemands en Allemagne. Une instruction est romaine, parce qu'elle concerne toute l'Eglise catholique romaine, parce qu'elle concerne -s'il est question de liturgie- toutes les églises de rite romain latin. Une instruction est romaine, parce qu'elle fait l'unité entre toutes les églises locales, non pas en imposant une habitude ou un rite ou la langue de Rome (on ne nous a jamais dit de tous chanter et prier en italien), mais parce que le service de Rome, de l'évêché de Rome, c'est d'établir les dénominateurs communs de notre foi et de notre prière: lex orandi, et lex credendi.

 Dans la PGMR (Présentation générale du missel romain, dans la version la plus récente) on lit au paragraphe 41:

 "Principem locum obtineat, ceteris paribus, cantus gregorianus, utpote Liturgiæ romanæ proprius. Alia genera musicæ sacræ, præsertim vero polyphonia, minime excluduntur, dummodo spiritui actionis liturgicæ respondeant et participationem omnium fidelium foveant.

Cum frequentius in dies fideles ex diversis nationibus inter se conveniant, expedit ut iidem fideles aliquas saltem partes Ordinarii Missæ, præsertim vero symbolum fidei et Orationem dominicam, modulis adhibitis facilioribus, lingua latina simul cantare sciant."

 En traduction officielle:

 "Le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, doit, toutes choses égales par ailleurs, occuper la première place. Les autres genres de musique sacrée, notamment la polyphonie, ne sont nullement exclus, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique et qu’ils favorisent la participation de tous les fidèles.

 Et comme les rassemblements de fidèles de diverses nations deviennent de plus en plus fréquents, il est nécessaire que ces fidèles sachent chanter ensemble en latine, sur des mélodies assez faciles, au moins quelques parties de l’ordinaire de la messe, notamment la Profession de foi et l’oraison dominicale."


 Pour faire dire le contraire à ce premier paragraphe, il suffit d'appliquer l'Evangile: les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers probablement, et ce qui n'est pas exclu (contre nous), est (tout à fait et exclusivement) pour nous.


 Mais ce que j'ai entendu pour la deuxième partie de ce paragraphe dépasse tout art du contournement: Puisque les fidèles de nos paroisses ne vont jamais participer à des grands rassemblements internationaux, ils sont dispensés d'apprendre ces chants de base en latin. Ce paragraphe ne concerne que les gens qui ont le malheur d'habiter Lourdes, Paris, Rome ou Fatima.

 Alors que d'après mon avis, cet alinéa veut nous dire que tout catholique devrait savoir son Credo et son Pater Noster (au moins) en (chant) latin, d'autant plus qu'il risque de plus en plus souvent d'être confronté à des rassemblements internationaux.

 Il ne s'agit pas de réagir, une fois bousculé par les événements (des rassemblements internationaux de plus en plus fréquents), d'en prendre les mesures, et de s'y adapter, mais il s'agit d'être toujours prêt en vue d'un éventuel événement (un rassemblement international)...

 Le pire, c'est que c'est la mémé ou le pépé qui n'avait pas la télé, et qui n'était jamais sorti de sa cabane rurale, qui savait encore son latin il y a vingt ans
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Publié dans liturgie

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