Pas de regrets à avoir II

Publié le par Jean von Roesgen

 Une dame de ma paroisse, à la sortie de la boulangerie, s'inquiète de mon absence aux messe, je lui explique mon "remerciement", et elle finit par: "Revenez-vite."
 Comme si c'était à moi de "revenir." On ne retourne pas aux endroits d'où on a été chassé, je veux dire: dont on a été remercié.

 Le curé responsable a peut-être cru bien faire de soutenir la providence qui trouvait qu'il y avait trop de chant grégorien aux messes de sa paroisse. La providence s'en est retournée, trouvant peut-être que je ne chantais pas assez de chant grégorien, et elle m'a fait aller là où je ne peux pas seulement chanter l'offertoire et l'antienne de communion (en m'"imposant"), mais où il est bien vu et même demandé de chanter tout le propre et tout le commun de la messe dominicale... Introïte, Kyrie, Gloria, Graduel, Alléluia, Credo, Offertoire, Sanctus, Agnus, Communion. Soit 80 pourcent de plus de chant qui m'intéresse. Et encore, là je ne tiens pas compte d'autres chants populaires (O salutaris hostia après la consécration, Antienne à La Vierge à la fin de la messe) et facultatifs (Asperges me au début de la messe) et des chants du prêtre (dialogues, oraisons, préface, Pater Noster)... Et au moins autant de chant en moins qui ne m'intéresse vraiment pas (mais que j'assumais en contrepartie du droit de chanter à l'offertoire et à la communion). Deux cantiques vernaculaires, parfois, l'un après la communion, et l'autre à la sortie.
 L'interêt du vrai chant religieux, c'est qu'il est (esse) entre (inter) ciel et terre, une entre-deux, un étranger, et non pas un entre-nous, ou un entre églises-et-mondes. C'est pour cela qu tel chant m'intéresse, et tel chant ne m'intéresse pas. Ce qui éloigne de la Communion des Saints et de la tradition n'est pas intéressant.

 Je ne comprends pas très bien pourquoi retourner à ma paroisse... Juste pour ne pas passer pour intégriste? Je préfère passer pour intégriste tradi que de passer pour intégriste progré, même si je ne suis ni l'un ni l'autre.

 J'ai donné la possibilité au curé de (se) réarranger, dès le début, en lui proposant une vraie réunion entre gens de la paroisse et de l'engagement liturgique tous bords, pour en délibérer, de notre investissement dans le côté romain de nos liturgies. Il n'a pas voulu en entendre parler.

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Publié dans liturgie

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