On a tous besoin de participation et de compétence.

Publié le par Jean von Roesgen

 Que le curé d'une paroisse ait un goût douteux en matière de chant, qu'un célébrant soit limité un peu dans ses compétences musicales, c'est humain et normal, qui ne le serait pas... C'est bien pour cette raison, que l'Eglise possède sa Tradition: Ses dogmes et son catéchisme en matière de foi pour remédier à nos manques d'orthodoxie et nos chancellements de foi. Ses rubriques, sa langue liturgique et sa collection de chant propre pour remédier à nos fantaisies, nos ignorances, nos incompétences.
 C'est bien la raison pour laquelle l'Eglise sépare volontiers les charges, et donne au célébrant la possibilité de se décharger d'une bonne partie de la musique (depuis le concile, faute de chanter juste, il n'a même plus besoin d'entonner le Gloria par exemple, mais il peut confier cette intonation à un autre) en confiant à un chantre, une chorale, ou toute l'assemblée de chanter. (Reste la préface, les invitations au dialogue ou à certaines acclamations et les oraisons pour le prêtre... Il s'agit là de chants bien moins difficiles ...  le chant de l'évangile peut être confié à un diacre qui saurait mieux se débrouiller...)

 Mais si un curé ne se rend pas compte de son goût douteux et de ses (in)compétences, et les impose à toute une paroisse, si le célébrant braille -fort de son micro- du chant pas très chantant ni mieux chanté par dessus toute l'assemblée... si par jalousie il écarte du chant toute personne quelque peu mieux avisée ou un peu plus douée... s'il ne supporte pas d'enfants de choeurs dans ses jambes, parce qu'il ne connaît pas assez bien les rubriques pour savoir ce qu'on peut leur faire faire... s'il a tellement pris l'habitude de célébrer seul de seul qu'il s'est monopolisé toute la participation active concentrée dans son micro, il ne faut pas qu'il s'étonne de voir ses assemblées dépérir et son église se vider. Comme il n'a besoin de personne, pourquoi on aurait encore besoin de lui?

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 J'ai l'impression qu'il y a des gens d'Eglise, qui doivent vraiment s'acculer à leur incompétence partielle pour changer, pour y remédier, pour apprécier ceux qui peuvent intervenir à leur faveur et secours... pour vraiment appréhender les enjeux, la réalité, la situation; et ce ne serait pas leur rendre service que d'y suppléer à leur insu et les aider à cacher leur misère sans qu'ils en soient conscient et symboliquement au moins redevables.

 Nous avons tous de ces incompétences partielles, mais nous n'en avons pas toujours la conscience. Mais pour y supppléer, il est indispensable de les assumer, de les confesser, de les reconnaître... et dans cette démarche, certains méchanismes cléricaux sont des vrais obstacles et entraves.

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Publié dans liturgie

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