Bijou caillou chou..., tous à genoux.

Publié le par Jean von Roesgen

 Aujourd'hui, le célébrant a profité du verset de l'alléluia de l'Evangile (du jour, qui parle d'être vigilant et de prier pour être debout au moment de la venue du Seigneur), pour nous faire une petite catéchèse liturgique sur les deux seules positions liturgiques publiques (d'après lui: l'état debout et l'état assis... se mettre à genou, à plat ventre ou tout ce que vous voulez, c'est pour les dévotions privées...)...
 Tout en nous assurant que ce n'est pas à lui de nous donner des leçons liturgiques (de quel droit d'ailleurs?)...
 C'est vrai, que j'imagine assez éprouvant pour le célébrant (vers le peuple (*)) dans cette petite chapelle d'hiver d'avoir une bonne demi douzaine de soeurs religieuses à se mettre à genoux à moins d'un vol de crachat devant lui pendant la consécration.

 Dans la Bible on trouvera autant d'endroits, je pense bien, qui exaltent l'agenouillement ou la génuflexion que des endroits recommandant la position debout qui trouvera son comble -justifié- dans Saint Irénée: La Gloire de Dieu, c'est l'homme debout (sans oublier le contexte et la suite de la citation s'il vous plaît...).

 La présentation générale du Missel Romain (PGMR) est très précise sur la question, non-obstat les décisions des conférences des évêques que j'ignore (où les trouver? Ces décisions p(r)êchent volontiers dans le flou, j'ai l'impression parfois...). Ca se trouve au § 43.

 Quant à la génuflexion de quelques fidèles, avant de communier, que le célébrant d'aujourd'hui accusait de perturber le bon déroulement de la procession de communion:
 Quel est le fidèle dans cette procession qui sera perturbé parce quelqu'un devant lui se met à genou? Dans n'importe quel règlement de trafique en fil, celui qui se trouve derrière est responsable de garder les distances et d'anticiper les manoeuvres de ralentissement ou de freinage de ceux qui le devancent.
 Cette procession est un phénomène lié à une pratique de communion qui se doit à une dispense européenne pour le rite de communion, non pas à genoux sur la langue, mais debout dans la main. (Communier dans la main, c'est tout au plus "autorisé": PGMR 161)
 La présentation générale du missel romain, § 160 recommande un geste de vénération avant de communier. S'il y a mieux que de se mettre à genoux, j'aimerais bien qu'on me le montre. L'inclination -dans ma culture visuelle des choses- est d'un ridicule sans déclination...

 Se référer à une phrase évangélique pour revenir sur le développement d'un geste liturgique (personnellement, je me sens parfois plus debout quand je suis à genoux, que quand je suis debout. Les déhanchements à genoux sont moins faciles, ni les relâchements ... vers l'avant me coudant sur le dos d'une chaise, ... ou m'adossant à un mur...) me paraît un peu archéologisant et fondamentaliste.

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(*) De toute façon, il y a un problème d'orientation dans cette chapelle. L'autel donne vers le mur, derrière l'autel se tient le célébrant, et devant l'autel il y a la communauté religieuse, suivie des quelques fidèles... Autrefois, au mur, derrière l'autel, se trouvait une Vierge à l'enfant, qu'on a déplacée sur un mur latéral, et remplacée par une croix (probablement pour faire suite aux recommandations de Benoît xvi sur l'orientation vers une croix... d'autel...). Reste que le célébrant -sans vue sur une croix d'autel- tourne le dos à la croix. Le problème dans la grande chapelle est le même... mis à part que la croix là-bas est bien grande, et très parlante, belle et expressive. Le célébrant, quand il célèbre, lui tourne le dos. 


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PS: Ce n'est pas non plus à moi, bien entendu, de donner ici des leçons liturgiques... (...de quel droit d'ailleurs?)

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Publié dans liturgie

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