Windlöcher im Bau(m)

Publié le par Jean von Roesgen

 Windlöcher im Bau(m). (*)

 Et ce serait quoi, une tradition vivante? C'est de ne pas rejeter tout ce qui s'est e/ancré dans la mémoire de nos ancêtres (même contemporains). Déjà. Mais une tradition vivante vit aussi par ses traces, et par les traces des traditions (plus ou moins vivantes) qui l'ont précédée. Un travail de restauration ne peut pas se réduire aux seuls manuscrits musicaux, mais doit tenir compte aussi des traités musicaux d'époque (On est loin du: "Il n'y a rien, mais rien à tirer des traités de chant médiévaux")... un regard et une écoute portés sur des traditions orales encore vivantes ne sont pas interdits.

 Seule une tradition vivante fondée sur une recherche profonde et cohérente des traces (écrites), en plein respect de ce qui se fait déjà et de ce qui se fait encore (les adeptes de la restauration de Solesmes se sont parfois un peu trop facilement cotonné dans leur monopole en excluant toute autre recherche, et en éradiquant pas mal de traditions vivantes de plain-chant etc. dont la formation vocale ne suivait pas forcément la même esthétique...) aurait été  susceptible de survivre un choc (a)culturel comme celui qui a suivi Vatican II.

 Un arbre, pour résister à la tempête, doit être bien enraciné dans la terre et bien ramifié dans la diversité de ses branches pour ne pas succomber au vent. Entre les branches, il faut de l'espace pour laisser passer l'air. Si l'arbre comble tous les espaces et se barricade d'un monopole momifié, c'est en bloc que le vent aura vite fait de tout renverser.

 N'importe quelle tradition, si elle n'aménage pas les espaces entre les branches de ses diversités, risque de tomber en bloc. Pour bien qu'un mur protège d'invasions, il lui faut prévoir des passages d'air en cas de tempête. La part de créativité (souvent minime, et jamais en cassure des traditions, comme elle a pris la mauvaise habitude depuis quelque siècle) et d'interprétativité (liberté) est importante pour garder vivante et vivable et survivante n'importe quelle tradition.

 Les compositions néogrégoriennes étaient une telle soupape du chant officiel de l'Eglise avant le concile.

 (*trous d'air dans la construction (de l'arbre))

 
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Publié dans liturgie

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