grâce à un décès
Je viens de rentrer, c'est midi bien passé.
Je voulais aller à la messe de 10 prévu dans un hameau, mais elle a été annulée hier soir par les habitants qui ont tous dû aller à un enterrement prévu à 11 heures dans un village plus bas.
Le curé ne m'a pas prévenu. Alors qu'il sait que je fréquenterais cette messe. J'y vais en vélo avec le sang dans mes veines, lui il y irait avec du carburant dans son réservoir. Moi je dois tenir parole jusqu'au bout et aller demain livrer mes derniers exploits d'animation de chant parce que m'y étais engagé avant ma dispense de chant ... (il l'avait précisé lors du verdict: après la sortie de Notre Dame de Verdale, interdiction d'animer les chants... comme si je me battais pour animer ses chants...) Mais lui, non, il n'est pas obligé de dire les messes qu'il annonce, et il n'est pas obligé de prévenir les gens s'il annule. Je ne me souviens pas d'une seule fois qu'il se serait excusé, il trouve toujours d'autres coupables. Au point qu'un jour je lui dis: Vous n'avez pas appris à dire "s'il vous-plaît, merci ni pardon." Pour le merci, le pauvre, il s'est rattrapé le dimanche suivant, en remerciant les organistes, et je n'ai pas su me retenir de crier dans l'assemblée: Les organistes? Quel organistes? Où est l'orgue de ces organistes... il y a tout juste un harmonium bientôt centenaire...
Je suis donc descendu un peu plus bas à l'enterrement dans un village desservi par une autre équipe des prêtres, dont le plus jeune entouré d'une brochette de dames d'un certain âge s'occupait du déroulement de la liturgie. Les gens participaient bien, c'était vivant, avec de grandes libertés liturgiques (pas de geste de paix, pas de transition d'embolisme après le Notre Père, pas de lavabo, même pas de signe de croix pour commencer...), mais le célébrant doit avoir ses graves raisons pastorales pour les prendre. Seul problème: Je me demande si ce n'est pas lui qui a râlé le plus fort dans le doyenné quand on débattait sur mes exploits grégoriens. Il doit trouver plus liturgique de passer de la musique préenregistrée après l'évangile et pendant la communion, que de faire entendre un offertoire ou une communion grégorienne. Le cérémonial des évêques post-conciliaire (le livre de référence pour toutes les rubriques qu'on ne trouve pas dans le missel) précise que l'instrument, aux enterrements, ne joue que pour accompagner les chants. Je ne sais ni les raisons pastorales du cérémonial, ni les siennes, mais je ne comprends pas ce genre de parti pris. Le cérémonial doit se dire que celui qui chant prie, et que celui qui joue joue. Que le jeux est moins bien placé que la prière pour cette cérémonie. Lui il doit se dire que les gens ont moins de difficulté à rester dans une athmosphère priante moyennant de la musique d'ambiance classique qu'avec un genre de chant qui leur est devenu totalement étranger.
Si j'avais un conseil à lui donner, les trois fois qu'on s'est rencontré et qu'on a parlé, il en avait gros contre un "ennemi", la première fois contre son ancien évêque et ses mémoires, la deuxième fois contre un brave curé en soutane du coin, et la troisième fois contre l'opus Dei... qu'il lâche donc prise de cette attitude enfantine de Feind-Freund-denken... (C'est nous les bons, ou c'est eux les mauvais?) Tout n'est pas bon dans l'opus Dei, et en premier lieu le travail clandestin, mais tout ne doit pas être mauvais non plus.
Tout ce qui est latin et grégorien n'est pas intégriste (et souvent bien moins intégriste que l'interdit du latin et du grégorien d'ailleurs) ni lefèbriste (il en connaît beaucoup?).
Tout ce qui est rubrique romaine n'est pas vieux jeux. Ca vaut la peine parfois de faire comme il faut pour voir ce que cela peut donner.
Je connais l'apanage de notre évêque: Nous sommes pour les cérémonies qui ne fâchent pas. Ce qui m'inquiète un peu dans cette position, c'est que la seule chose qui semble venir fâcher c'est ce qui sent quelque peu la tradition ou la rubrique romaine.
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