Devenir évêque d'Angers

Publié le par Jean von Roesgen


 Je me souviens que le pape dans un de ses tout premiers discours nous rassurait qu'il n'allait pas nous imposer ses convictions personnelles, mais qu'il était là surtout dans un ministère d'unité (et au service de l'Eglise du Seigneur). On dit qu'il a eu la sagesse de ne rien toucher dans le fonctionnement du Vatican pendant la première année de son pontificat. Mais par la suite il a pu donner des directions qui témoignent bien de sa façon de voir l'unité, son service et la tradition de l'Eglise du Seigneur.

 Je ne sais pas dans quel premiers discours d'un évêque à je ne sais plus quel diocèse, on lisait que le candidat n'avait pas l'intention de venir s'imposer, mais qu'il serait au service de la réalité de l'Eglise dans le diocèse en question.

 Il ne faut pas tout de suite penser au mauvais bon mot: Toute sa vie il travaillait pour acquérir la position qui lui aurai permis de dire ce qu'il pensait. Une fois qu'il l'avait acquise, il ne pensait plus qu'à sa position.

 Je lis dans le premier mot du Père Emmanuel Delmas au diocèse d'Angers, que pour lui, la vocation se forge sur le terrain. Pour lui, c'est essentiellement un réponse qui se moule dans la demande, la situation, les questions, l'appel du terrain. Bon, peut-être que je force un peu les traits de ce qu'il dit: "Vous m'apprendrez à devenir votre évêque tant je suis persuadé que ce sont ceux vers qui nous sommes envoyés qui révèlent en chacun de nous la vie de Dieu que nous avons reçue."

 Il ne faut pas pour autant croire que c'est le malade qui fait le médecin, même s'il y a là une bonne part de vérité. Le médecin se doit malgré tout de sa formation et de son hygiène de vie, d'intervention (extérieure) et de communication. Il doit oser percer des abcès etc... s'il se laisse juste guider par la pente de la maladie, c'est la mort qui se révèle dans son triste cours.

 P.S.: Décidément, c'est le thème de ma journée. Je viens de lire:
"Lors de la rentrée d’octobre dernier, j’ai rappelé aux étudiants de l’Institut Supérieur de Liturgie ce que j’avais reçu de l’un de mes professeurs, il y a plus de 30 ans : ce qu’un enseignant sait le mieux, c’est ce que ses étudiants lui ont appris. Il n’y a aucune démagogie dans ce propos. Simplement une expérience : ce que nous croyons savoir, nos convictions et nos repères, ne portent vraiment la vie que lorsqu’ils prennent place dans une relation d’être avec ceux auxquels on s’adresse."
(conférence du Fr. Patrick Prétot osb: http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0412073_pretot)

 L'un ne va pas sans l'autre. Mais l'un sera aussi la croix de l'autre. Jésus, dans ce qu'il est avant qu'Abraham ne soit et dans tout ce que les prophètes avaient écrit sur lui et qu'il fallait accomplir, s'est formé (il ne va pas d'emblée aux samaritains, et à la fin de sa carrière, juste avant sa passion, il parle un peu moins de Règne de Dieu qui est déjà arrivé qu'au début de sa vie publique...) et heurté (la passion et l'une ou l'autre expérience à Nazareth, Capharnaum et Chorazime) au terrain. Personne ne monte du terrain à part celui qui y descend (du ciel); personne ne monte en haut à part celui qui en descend, et nous savons tous quel est le moyen pour monter au ciel: la croix. Désolé pour nous, il n'y en a pas d'autre.


P.P.S.: Bien sûr que c'est l'orchestre qui apprend au dirigeant le métier de la direction, bien sûr que c'est le choeur qui apprend au chef de choeur le métier de chef de choeur. Il apprend à trouver des astuces et trucs pour faire passer la partition. C'est lui qui donne envie, goût et entrain aux exécutants de la partition. C'est lui qui donne l'exemple vocal, c'est lui qui arrive à traduire dans ses gestes et ses mots les intentions qu'il donne à la partition. Tout ça s'apprend en faisant, et c'est en faisant d'ailleurs, qu'il découvre vraiment la partition. Il a droit à une marge d'interprétation, mais c'est à lui à ne pas succomber à l'interprétation de son ensemble, si ce n'est pas celle pour laquelle il se sent responsable et envoyé.
 Quand quelque chose de la partition ne passe pas dans les exécutants, il ne va pas réécrire la partition. Il peut réadapter son interprétation, mais il ne va pas niveller à tout bout de champ son interprétation au niveau d'exécution de l'ensemble de ses musiciens.
 S'il n'étudie pas d'abord chez lui à la maison à fond la partition, il sera vite submergé par l'interprétation ou le niveau d'ensemble de ses musiciens. S'il n'a pas appris son solfège, il n'aura jamais l'autorité pour faire passer la partition aux exécutants.
 C'est le verbe qui se fait chair d'abord, pour ensuite apprendre à toute chair comment dire la bonne nouvelle du Royaume de Dieu.

 Je ne plaide aucunément pour la préexistance de nos âmes, à part qu'en Lui, avant que le monde fut crée, nous avons été choisis pour (com)porter notre âme de la nature à son surnaturel qui est aussi intimément lié au naturel que Sa divinité à Son humanité. Le surnaturel, malgré tout, ne se réduit ni se confond au naturel (même pas le naturel le plus parfait ou perfectionné: la perfection du naturel est la conséquence du surnaturel, mais pas son identicité..., ni à la somme des naturels, aussi achevés qu'on peut se les projeter dans un règne avenir). Dans Son choix, de par Sa grâce, nous avons (ou nous pouvons avoir) part à ce qu'avant Abraham Il est: Verbe. Parole du Père. Lumière né de la lumière, engendré, non pas crée, de même nature que le Père, et c'est dans/par cette nature que tout a été créé... égal, mais pas tout à fait identique.


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Publié dans pastorale

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